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C’est en lignes

Ouais, ben le cubi s’est pris une claque, té ! Nous sommes légèrement mous, les mioches se font un goûter; ils sont gluants comme des mouches avant l’orage. J’ai balancé mon site en ligne hier matin, joie et bonheur. Il y a un petit côté magique, quand on se lit de l’autre côté. Même s’il y a pas un chat, comme ça j’ai le temps de peaufiner. J’ai dû refaire tous les liens ce matin : ça passait pas sur Netscape. Alors j’ai viré tous les gadgets flashants et je suis revenu à l’essentiel : du texte et des liens classiques et costauds. Comme ça tout le monde peut lire…

*

Monsieur Pivert a tondu son allée. Quel con ; en plein cagnard. Mais c’est un drôle d’animal.

Monsieur Pivert est tout en longueurs, visage et coudes anguleux, genoux pointus à l’avenant ; quand il s’ose à traverser la cour c’est en baissant les yeux et pour filer vite. Il n’aime pas croiser nos regards. Des fois qu’il y aurait de la bagarre. Sauf que ça ne risque pas. Je gueule quand ça me plaît pas, mais je n’ai jamais cassé la gueule à personne… Enfin si, une seule fois : j’étais en cinquième et un petit con m’avait traité de sale rital.

Monsieur Pivert vend de la lingerie fine en gros. Chaque matin il prend sa petite voiture, laisse longuement s’échauffer le diesel, s’élance au ralenti sur le petit goudron, en seconde, et file à soixante bornes ou plus rejoindre son travail. Il rentre tard.

Monsieur Pivert a tout juste dans les moins de trente ans.

Monsieur Pivert est déjà un petit vieux. Et sa jeune conne de Radegonde une sale vieille petite bique.

Oh le cubi ! J’en suis déjà au suivant, mais j’étais pas tout seul, je l’jure !

[NVDF (note venue du futur – 23 juillet 2015) : Monsieur Pivert et sa Radegonde sont les biomormons dont je cause dans l’article lié.]

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Terreur animale

 

Fait chaud dans l’atelier, sous le toit. Fait lourd, aussi. L’orage a grondé à six heures du mat’ ; Annie a tiré la prise de l’ordinateur et celle du téléphone. On a un peu la tronche dans le seau. Malou, notre clébarde adoptée à la mort de notre ami Philippe, tremble et nous regarde avec des yeux pitoyables.

Malou flippant sous la souillarde - Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2001

Les poules sont sur le pré, les tiques aussi ; les mioches traînaillent en pyjama, pinaillent devant leurs tartoches et autres céréales. Demain, David et Isa[1]  se pointent. Ouais, ouais ! On va affûter le cubi !

  1. Mon beauf préféré et sa chérie. []
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Les sans parole

Je me mouche ce matin, c’est noir dans le Sopalin.

On est partis  en bande, hier au soir, pousser des pneus jusque sur la rive Sud où vit notre pote le Barbu, photographe à Puycity, avec sa chérie et leur babou d’un an et demi. Prahoutac, c’est connu pour la fête des confettis et justement c’était hier soir. Non, mais des confettis, vous n’avez pas idée : c’est par sacs de cent litres qu’on se les balance… et je dois dire que si parfois le Lot me les gonfle, là non : pas un képi à l’horizon, des gens qui ramènent les portefeuilles plein de sous sur scène, des jeunes, des vieux, des entre-deux, des couleurs… et une banda folle pour s’achever en beauté. Ça dépote au gros cuivre, ça couaque à mort et le chanteur est cassé. Donc nous sommes pleins de confettis, ce matin on en a jusque dans les lits.

C’est l’après-midi et le ventilo ronfle à fond. Papillon Bleu est passée avec son mari, Tarzan le peintre. Ça n’a pas fait un pli : Annette a tout raconté à Radegonde-aux-gros-genoux, Radegonde a téléphoné à ses vieux, qui se sont radinés aussi sec. Je te les ai allumé, ces empalés, mais pas qu’un peu ! C’est qu’en plus ils se justifient. Enfoirés ! Voudraient en plus qu’on dise oui, oui, qu’on leur pardonne de nous jeter comme des chiens, de nous expulser au profit de leur gniarde alors qu’ils − elle, Papillon Bleu− nous avait juré ses grands dieux (on lui avait rien demandé, d’ailleurs) qu’on pourrait vivre à la Cazelle à demeure, que jamais, au grand jamais ils ne reviendraient vivre ici. On se garde juste la grange pour venir y passer le week-end deux ou trois fois par an, pour ramasser les fruits. On vous en laissera, de toute façon. Ils voudraient qu’on les croie.

Dans sept mois faut qu’on décanille et on sait pas où aller… Ordures ! Je vous refais pas la diatribe, mais le Céline, à côté du Cyp, il peut repasser ! Ils se sont retirés penauds, comme deux grosses merdes qu’ils sont. Maintenant qu’ils fassent ce qu’ils ont à faire : nous envoyer la lettre. Et qu’ils se démerdent avec leur conscience… parce qu’ils aimeraient bien en avoir une, de conscience. Ça fait chic. Un luxe que je leur refuse. Qu’ils crèvent cententaires, tristes et cons. Le Lot est déjà un cimetière, alors, y a de la place.

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IL S’EN TROUVE !

Chic et chouette ! je viens de tout piger. Le langage HTML, c’est terrible au premier abord. J’ai mis une petite semaine à m’y mettre et à concevoir le site et là, ça me démange de me bouffer de la page.

Je bosse sous le toit, il fait 29 sans un poil d’air et ça sent le cèpe grillé dans toute la maison. Annie bricole une tarte aux pêches et Gaspard s’emmerde − Game Boy confisquée pour cause de délire vespéral : des gnons à la frangine, non mais j’t’en mettrais, toi ! Shanti est chez sa pote Nono, à Pouliviac. Le tracteur au père Roudy passe et repasse sur le goudronnet, à moins que ce ne soit le Relou avec sa tronche de fouine. Thiéfaine se sent coupable sur la chaîne, dans la cuisine en bas, et pas moi.

C’est la saison des cèpes.

IL S’EN TROUVE !

IL S’EN TROUVE !

IL S’EN TROUVE !

C’est le cri de guerre en vigueur.

Et du coup c’est la guerre. C’est comme ça dans le Périgord.

Rencontre au bois, hier matin. Je me suis levé avec l’odeur du mycélium aux naseaux, je me suis fait un caoua et hop, panier sous le bras, me v’là en route. Je suis pas le premier, ça saute aux yeux : les bois ont été battus de bottes et de bâtons fouisseurs, les fougères aplaties et faut vraiment connaître pour s’en dégotter la douzaine, mais je dois dire qu’ils sont mimis. Deux têtes nègres et le reste en bolets. Je sifflote des chansons à la con, très mal − avec un dentier, la chose n’est pas gagnée d’avance − quand j’aperçois le fils Alacoul, son bide et sa moustache en plein milieu de chez moi. Chez les Alacoul, y a la mère et le fils, surtout ; le vieux on le voit pas. la vieille, elle peut plus arquer sans peine, alors maintenant c’est le fiston qui ratisse. La vieille, je te l’avais jetée un jour de juin, sous la saucée, avec ses deux poches pleines de girolles, qui m’avait foutu le souk dans mes filons à retourner les lits de feuilles comme une laie. Je croyais être à tout jamais débarrassé des Alacoul et voilà que je tombe sur le fils. Dans la famille Porcachon, je demande le fils et on me refile une grosse merde teigneuse… Gras, con et gascon, le fils, et que je le tance :

− Hé monsieur, z’êtes pas chez vous, que je sache…

− Ouais mais moi je paye mes impôts…

− Moi aussi je les paye, que je dis. Il me mate, l’air mauvais.

− Mais moi je paye des impôts sur mes bois.

− Mais c’est pas vos bois, c’est ceux de Papillon Bleu (notre proprio − honni soit son nom !).

− Ah mais moi je fais ce que je veux, je suis de Crassac, moi. (Il est entendu que le Cyp et sa bande ne sont que de sales estrangers, hein…)

 

Il a le panier plein, il continue comme si de rien n’était, je marche à trois mètres de lui, en parallèle ; il se dirige vers la châtaigneraie ; je le charrie en l’accompagnant. On se sépare. On trouve encore des pithécanthropes de nos jours, surtout dans certains recoins du Lot. Mieux reconstitués qu’au Museum, même. Vivants.

Je suis dans le pré, je vois une vieille, panier au bras, des cèpes dedans. C’est Annette, une cousine de Papillon Bleu.

− Pas la peine d’aller plus loin, Alacoul junior a tout raflé, je gueule (elle est au loin). On se rapproche.

− Oh ! mais vous en avez trouvé deux beaux ! Des têtes noires, ça crée de l’envie. Il faut dire que c’est bon, et pas qu’un peu.

− Et alors, Cyprien, comment vous allez ?

− M’en parlez pas, Annette, avec ces salauds qui vont nous foutre dehors, j’ai la haine vissée.

− Mais vous allez bien vous trouver quelque chose à louer, non ? C’est quand, que vous devez partir ?

− En mars prochain, mais pour ce qui est de trouver à louer, c’est niet. Y a plus que des gîtes et des maison à vendre pour les Hollandais plein de fric. Nous autres, on peut aller se faire voir. On peut payer deux mille cinq de loyer et pas plus et y a rien à moins de trois mille, dans le coin… Ah, putain que je les hais ! Mais je me laisserai pas faire, Annette, si je trouve rien je reste, et merde ! et qu’ils m’envoient les huissiers, ces empalés, je les attends !

 

Je sais pertinemment qu’Annette joue tout sucre avec moi. Pas de vagues, dans le Lot, c’est l’inflexible règle de ce département cliniquement mort. Crassac n’est qu’un cimetière entouré de résidences secondaires et de gîtes. L’école a fermé il y a neuf ans (avec 17 élèves, un instit génial et personne pour oser lever le petit doigt ou s’indigner…) et la municipalité a fait retirer le panneau « traversée d’enfants » à l’entrée du bled. Un village sans école n’est plus un village.

Annette s’en prend plein les oreilles et je sais qu’elle va s’empresser d’aller raconter tout ça à notre voisine Radegonde, la fille de Papillon Bleu.

C’est que Radegonde a dans l’idée, avec son homme (Monsieur Pivert) de nous bouter dehors et de s’installer chez nous. Pour ce faire ils ont imaginé une magouille vraiment peu ragoûtante.

1) Profiter d’une fin de bail prochaine (pour nous, c’est à la mi-mars prochaine) de façon à ce que Papillon Bleu et son homme puissent prétendre récupérer notre maison pour y revenir habiter.

2) Faire les travaux (c’est-à-dire saccager ce qui fait le charme de notre vieille maison).

3) Installer Fifille et son con de mec à notre place en douceur. 300 mètres carrés pour deux personnes, c’est pas mal vu, hein ?

Légal, mais parfaitement dégueulasse.

 

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LE SITACYP

NVDF (Note Venue Du Futur − 22 juillet 2015)

Je mets à profit cet été pour intégrer l’antique Sitacyp à l’Icyp : l’idée me trottait dans la tête depuis un vieux bail et Aglaia a eu la même il y a quelque temps. Car depuis que j’ai appuyé la première fois sur le bouton de mise en ligne il y a quatorze ans tout rond, ça ne s’est jamais arrêté.

Comme je l’écrivais à l’époque : « j’écris tout au jour le jour et quand ça me chante; je modifie et je biffe, je rajoute et je fais ce que je veux; rien n’est définitif ou alors je le dis. », c’est ce que je fais en restaurant cette copie à ma manière. D’abord il est impossible de rendre la présentation d’alors et puis certains textes n’étaient que des ébauches reprises ou non par la suite sur l’Icyp. Et le Web à énormément changé − en pire − depuis ces temps reculés où nous n’étions qu’une douzaine dans la sphère francophone à conter nos vies et celles de nos contemporains sur ce support encore tout frais, qui pue la charogne et la fiente de corbeau actuellement. Je ne peux plus m’offrir le luxe de tout coucher par écrit brut de fonderie, ayant eu à en pâtir à compter de 2009, comme vous pouvez le lire dans ce billet-journal ainsi que sur la page d’accueil de ce qui reste du Sitacyp originel

La structure même est totalement chamboulée afin de s’harmoniser avec le tout. Les illustrations − de piètre qualité à l’origine − sont scannées à nouveau sur du matériel moderne, les liens originaux renvoient vers des articles récents et j’en rédigerai de tout neufs en rapport avec tel ou tel sujet abordé sur le Sitacyp, et cætera. Les liens serviront de fil d’Ariane pour se déplacer dans ce gentil chaos, qui se construira au fur et à mesure jusqu’à ce que la sauce soit parfaitement liée.

Après cette page d’accueil reconstituée en partie présentement, je broderai à partir de mon journal de bord de l’époque − la rubrique « Au jour le jour » − : c’était l’épine dorsale du Sitacyp et c’est ce qui, je pense, permettra de restaurer au mieux son ambiance.

Il ne sera pas possible de commenter jusqu’à ce billet inaugurant le Blogacyp en  juillet 2006, puisque le Sitacyp était un site statique, sans système de commentaires − j’échangeais avec mes lecteurs par e-mail.

E la nave va :


14 Juillet 2001…

« Car je n’ai pas l’intention d’y aller autrement qu’au marteau-piqueur…. »

le site à cyp’   [ sitacyp ]

Écrivain en ligne et à l’œil

La vie est un roman, le Sitacyp aussi; en l’écrivant je m’octroie le droit de mentir. Les personnages et les événements relatés sur ce site sont fictifs. Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé serait purement fortuite…

Le Site à Cyp’ résulte d’un constat : les éditeurs, c’est de la merde ; l’immense majorité en fait : de nos jours ils ne sont souvent plus autre chose que nos macs. De là à vouloir affirmer que certains auteurs en sont les putes, il n’y a qu’un pas que je franchis à l’aise…  J’ai tâté du polar, je sais de quoi je cause (Pour Cigogne le Glas, paru dans la série du Poulpe aux éditions Baleine en 99). Querelles idéologiques à la mords-moi-le-nœud entre vieux gauchos rances et pue du bec. À force de vouloir faire du roman popu, les mecs en arrivent à ne plus savoir quoi écrire, sinon du remâché nullard, du livre pas fini, du brouillon pâteux, du non-livre… Et je m’abstiens de causer de l’édition classique, repère de culs pincés et de vieilles biques.

J’ai renoncé à proposer mes bouquins il y a peu déjà quelque temps : soit on me refuse, soit on m’entube. De nos jours il vaut mieux se payer le luxe d’offrir ses textes gratos au public que de mendier le privilège d’être imprimé pour quatre prunes et de passer inaperçu au profit d’auteurs parfaitement nuls, voire illisibles, mais potes au boss et prêts à exhiber leurs chicots devant la première caméra qui passe, tendre leur glotte au premier micro venu. Et pourvus d’un putain de carnet d’adresses… J’écris, il faut que cela vous suffise. Et c’est *gratuit* ici ; sinon pour les éditeurs qui y tiendraient vraiment − Ah! les masos −  : c’est 20 pour cent sur le prix de vente hors taxes et rien de moins.

Et puis l’Internet est fait pour la littérature ; c’est une machine à texte au départ et rien d’autre. Il s’y trouve la seule vraie littérature du moment. Elle a bel et bien fui le papier ces temps derniers, et c’est tant mieux.

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Tous mes écrits  − y compris ma traduction de ‘la Liste’ et toutes les illustrations du Sitacyp© − sont ma propriété et je n’autorise personne à les reproduire sans mon autorisation explicite et écrite, et ce par quelque moyen que ce soit.

Le Site à Cyp’ est entièrement conçu et réalisé à l’ancienne par bibicyp’ tout seul ; on n’y trouvera pas la moindre resucée venant d’ailleurs − sauf pour de la bonne littérature en ligne −, ni pour les textes ni pour les illustrations, qui émanent tous de l’auteur, sauf mention contraire.

Je remercie le Centre National du Livre qui m’a octroyé une bourse de 40 000 francs en décembre 2001, ce qui nous a permis de ne pas crever la dalle jusqu’en août 2003. Depuis, on se démerde en se serrant la ceinture…

Et je remercie surtout et avant tous les autres mon frère de cœur Alain P. sans lequel rien ne serait possible. Des comme ça il ne s’en trouve qu’un dans une vie et c’est alors qu’on s’estime heureux… Un seul, comme un bijou précieux. À lui seul il m’empêche de sombrer dans la misanthropie. C’est pour dire. Et pourtant.

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Enfin, le Sitacyp est un site résolument sans télévision.

« La télé rend con et vieux, le livre jeune et intelligent. »

Michel Serres (La Dépêche du Midi du 2 janvier 2006)

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