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Un quart de Terre à l’Est

© Cyprien Luraghi - Inde - Ujjain 1993

 

En Australie, on roupille
comme des chauves-souris.

En Inde on vit penché.

 

C’est la fin de Dashaïn !

Au dixième jour de la fête
on est gentils les uns avec les autres.

Le reste du temps, on devrait…

 

 

 

Publié dans Déconnologie, Himal, Inde, Tout court | Mots-clefs : , | 6 commentaires

Déballons les statues

© Cyprien Luraghi - Inde - Monument aux morts de Bhopal - 1992

 

Aujourd’hui, c’est le début de Dashaïn. Dusserah en Inde… et à la Réunion aussi, et partout où il y des Hindous.

C’est la fête de Durga, qui préside à la destruction des démons.
Dashaïn va durer neuf jours pleins.

Ça va saigner.
Si j’étais un poulet, je ferais gare à mes miches, même si j’en ai pas.

Ça va bien se saper, manger tout plein de bonne viande, donner une gamelle aux chiens des rues, des gâteaux aux corneilles, enguirlander les vaches, donner des roupies aux brahmanes ventrus, mal rasés.

C’est Noël.

Sauf que là, gaffe à ta couenne :
C’est que Durga cavale sur un tigre.

Réjouissons-nous à l’unisson.

Dévoilons les statues !
Ça leur fera du bien.
Elles pourront enfin pleurer tout leur chagrin
De leurs grands yeux rougis
du fiel des fiels :
L’isocyanate de méthyle

J’ai décrété.
Alors c’est fait.

C’est où déjà, au fait ?

 

 

Publié dans Édits Vespéraux, Himal, Inde | Mots-clefs : , | 15 commentaires

Emballons les statues !

© Cyprien Luraghi - Inde centrale - 1993

 

Voilà, c’est fait.
Maintenant on ne peut plus savoir
Qui se cache là-dessous.

 

Un dictateur
Un président
Un notaire
Un bienfaiteur
Un artiste mort
Un supplicié

 

Ça n’avait aucun intérêt.
Mais nous pouvons laisser le grand David de Michel-Ange nous montrer ses beautés.

Ouais : le monde est mieux ainsi.
J’ai décrété cela.
C’est pour ton bien, lecteur ! 

 

Publié dans Édits Vespéraux, Inde | Mots-clefs : | 22 commentaires

Pétard du soir

© Cyprien Luraghi - 1978

 

on émiette

on voit myope

la moindre goutte

sonne à l’ouïe

 

 

Publié dans Humain, Tout court | Mots-clefs : | Laisser un commentaire

DEMIAN WEST

Salut !

J’ai eu une semaine des plus follotes : j’étais dans le plâtre.
Je me suis rien cassé du tout : je refaisais les enduits de la chambre à Gaspard, tout simplement.
Je déteste le bâtiment : mon père était maçon et j’ai vu où ça l’a mené : 58 ans, six pieds sous terre.

Je suis tombé sur un article de Philippe Gammaire dans Agoravox, qui parle de mon vieux potosse Demian…

 


© Demian West, ~1975 Bic Orange pointe fine sur revers de papier photo

C’est là que ça se passe

[ NVDF] Depuis mai 2008, Demian a fait retirer tous ses posts sur AgoraVox, suite à censure. C’est un lien mort, mais je le laisse).

Je me suis fendu de mon petit commentaire (cherchez le 13 septembre à 1h12), que je vous reproduis là :

Ha. J’ai longtemps vécu avec Demian, quand il ne s’appelait pas encore Demian. Des années.

Demian est certainement tout ce que vous dites de lui, cela ne fait aucun doute, puisque vous l’écrivez.

Pour moi, il a été un véritable détonateur, tout bonnement. Pas que pour moi. Dans les années 70 à Strasbourg; nous étions prêts à tout et nous avons tout fait; j’avais seize ans et lui dix-sept.

Fuyant nos familles de merde, nous avons fait tout ce qu’on nous avait dit de ne pas faire: l’Exact Contraire qui est toujours, je le vois, notre credo commun.

Demian est un Contraire, mais il n’est pas contrariant du tout, sauf quand il a envie d’être chiant, et là aussi il côtoie l’excellence, à nous les briser grave.

Notre civilisation, nous l’avons bricolée nous-mêmes; elle n’est pas aussi moche que celle dans laquelle nous baignons présentement. Au contraire.

Demian est mégalo. La belle affaire! Il est de ceux qui pètent plus haut que leur cul. C’est épargner les naseaux des cafards pour mieux encenser les anosmiques. Se mettre à la portée de tout un chacun, je dis toujours.

Demian est un entier, pas un hongre, pas une demi-portion. C’est un homme. Pas un petit machin pusillanime. Pas un poulet de batterie. Sa retraite, il s’en branle.

J’ai donc vécu avec l’être le plus invivable qui fut; n’empêche qu’on s’est bien fendu la poire. Oui, car c’est un comique aussi. Vous savez comment je l’ai rencontré la toute première fois? Tard dans la nuit, dans un bled mort, dans un décor tout juste bon pour l’arpentage des golems, au mitan du pavé, comme un chat vertical. Il fredonnait l’air de la Panthère Rose.

Et puis Demian est un putain d’artiste. Je suis vachement content qu’il n’ait pas viré minable, comme les autres; et même comme les autres artistes d’alors, qui sont devenus des artistes pépères, en charentaises.

Avec Demian, pas de garde-fous: la liberté, le batifolage; la prise de tête aussi, puisqu’on en a une et qu’il faut la faire tourner à toute blinde. Sinon t’es mort. Et les morts, y a plus que ça: regarde autour de nous, Demian: ils n’ont plus rien à quoi se cramponner et le sol penche, et le sol glisse…

Demian sait et propage une chose fondamentale: le net, c’est l’écriture. Pour l’heure conspuée, moquée, tournée en ridicule, négligée. Ah! mais c’est qu’on écrit au Mont Blanc, non mais! Foutez moi cette machine à écrire à la benne, mon petit Blaise!

On s’plaint, on s’plaint: y a plus de littérature. Mon cul: elle est sur Internet.

Et le papier? Ben on se torche avec!

Avec ma toute vieille amitié

Cyp
En ligne et à l’oeil

PS : si vous cherchez bien, vous trouverez quelques illustrations de Demian sur le blog…

 

Publié dans Humain, Inde, Tout Venant, Trollogie | Mots-clefs : , , , | 26 commentaires
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