Archives par catégorie : Trouducologie

Chez Walt Disney

Illustration © Pierre Auclerc 2013

Chez Walt Disney, tout est bien qui finit bien, la méchante est punie.

Dans sa folie, elle s’est appliquée à pourrir la vie de cette pauvre Blanche Neige, l’a livrée à une colonie de nains, l’a démontée aux yeux d’un père qui n’a pas levé le petit doigt pour la défendre.

C’est mal. D’ailleurs, pour qu’on comprenne bien, la reine, vexée d’avoir été ravalée au rang de dauphine de Miss Royaume, se transforme en horrible sorcière. Comme si une apparence normale était incompatible avec la gniasserie, comme si la coquetterie était incompatible avec la folie.

D’ailleurs, ce n’est pas la société qui punit la sorcière de Blanche Neige, c’est la foudre, même pas divine. Pas de châtiment, l’accident de l’orage en montagne pour se débarrasser de la harpie. Loin du conte traditionnel et de la version recueillie par les Grimm :

« On n’oublia pas d’inviter la méchante belle-mère à la fête. Lorsqu’elle se fut parée de ses plus riches atours, elle se mit devant son petit miroir et dit

« Petit miroir, petit miroir,
Quelle est la plus belle de tout le pays ? »

Le miroir répondit :

« Madame la reine, vous êtes la plus belle ici,
Mais la jeune reine est plus belle que vous ! »

La méchante femme se récria de fureur ; dans son trouble, elle ne savait plus que faire. Tout d’abord, elle ne voulait plus aller à la noce ; mais bientôt elle changea de résolution et n’eut point de repos qu’elle ne fût partie pour voir la jeune reine.

Et lorsqu’elle entra, elle reconnut Blanche-Neige et resta immobile de terreur et d’angoisse.

Mais on avait déjà mis des pantoufles de fer sur un feu de charbons ardents, et on les apporta toutes brûlantes : il lui fallut chausser ces pantoufles rougies au feu et danser avec, elle fut condamnée à danser jusqu’à ce qu’elle eût les pieds consumés et tombât roide morte. »

Pas de justice en action, donc, chez Disney.

Waltdisneysation des sorcières et des dragons du Net.

Quand présenter bien et savoir rédiger correctement est le sésame de l’impunité.

Quand les gniasseries toujours recommencées se font obsédantes et pourrissent la vie.

Quand le harcèlement sur le web n’existe pas légalement, mais que des gosses meurent de n’en pouvoir plus d’être soumis à la vindicte de quelques crétins impunis. 

Il y a quelque chose de pourri dans le royaume.

 

E la nave va…

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Droit devant !

Ma pomme et Karma dans le Far West népalais © Cyprien Luraghi 1990Là on venait de passer gentiment un petit col, nous trois. Les doigts dans le nez dans les rhododendrons géants à trois mille et quelques mètres. Après quarante jours à train vif dans cette région de misère où la révolte grondait. Le populo montrait les crocs à l’exécrable gouvernement du vilain roi d’alors, au printemps 90. Alors notre trio déambulant attaquait la dernière grimpette la joie au cœur malgré les intempéries, oscillant sur ses six pattes le nez au vent piquant. 

C’est pas tant le sentier qui nous avait minés avant ce col-frontière ; ni ses corniches traîtresses, ni son sol raboteux. Mais cette peine profonde qui se lisait dans les yeux des peuples y vivant : êtres vitreux tiraillés sans cesse par le manque de tout ce qui fait le sel de l’humanité. La faim au ventre et l’absence d’espoir pour la plupart. Et la rogne sourde de l’insurrection pour quelques uns, rares et d’autant plus déterminés à la lutte à la vie. Hébétude et courroux. Privations et humiliations de malheureux traités pis que bestiaux par un maître bestial.[1]

***

23 ans plus tard aujourd’hui je franchis un autre col-frontière en compagnie d’autres amis chemineurs. Nous sortons sur les rotules, affamés et heureux, d’une autre contrée de grande misère humaine : le Far West d’Internet. 

Pendant quatre ans deux femmes se sont acharnées sur plusieurs d’entre nous et principalement sur moi, Chepita et NEMROD34. Deux détraquées. Celles que nous avons pris coutume d’appeler « la folle de Brest » et « la Bouse« . Catherine X et Évelyne X : un duo d’enfer.

Jusqu’à hier soir Catherine avait un blog hébergé chez Overblog. Un blog de corbeau intégralement consacré à notre destruction : plus de 200 articles m’étaient dédiés et plus d’une centaine à Chepita et autant pour NEMROD34. Cette femme parano de toute évidence et d’une rare méchanceté, nous traquait en permanence : le moindre de nos propos était interprété de traviole, la plus anodine de nos blagues à trois balles prise au premier degré et amalgamée à des faits divers affreux. C’était moche, vraiment. Je ne souhaite à personne de se voir cloué sur un tel pilori de cinglée pendant trois ans. 

Or donc pour avoir odieusement et massivement diffamé Chepita, la Justice a condamné Catherine X alias « Jexiste » hier à Brest à 10000 euros d’amendes dont 8000 avec sursis. Son hébergeur est lui aussi condamné à verser la même somme. Il l’avait déjà été en appel en décembre 2011 : lisez le billet lié « NEMROD34 gagne en appel contre Overblog ». Le Télégramme de Brest a publié un article au lendemain de la première audience publique ici : CLIC.

***

C’est un jour de joie. Mais l’affaire n’est pas terminée : un fou reste fou tant qu’il n’est pas soigné, je le sais. Et Catherine X n’était pas seule dans cette hallucinante entreprise de démolition de nos petites personnes. 

Cette affaire peut sembler futile : combien de fois j’ai entendu qu’il ne s’agissait que d’embrouilles de cour de récré… et combien d’autres fois on m’a conseillé de ne plus aller sur l’internet. Et combien encore on m’a grondé en me disant que j’aurais dû bétonner mon anonymat. Comme si après avoir pris la bagnole un chauffard bourré m’avait embouti et que le gendarme de service m’aurait dit : « Vous n’aviez qu’à pas prendre la route : ça ne vous serait pas arrivé. »

L’internet est une voie publique et il n’a rien de virtuel. Le virtuel, c’est de la foutaise. Tant que les législateurs n’auront pas compris ça, l’internet restera une nef des fous. 

Maintenant passons donc ce gentil col et quittons le méchant pays, les amis.

E la nave va… 

  1. Pour en savoir plus sur le bonhomme Karma à ma droite sur la photo; lisez le billet lié « Plantigrade droit devant ». []
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les biomormons

Illustration © Cyprien Luraghi 2013

C’est peu de le dire : ils sont le fléau du siècle. Annie avait inventé le terme il y a une quinzaine d’années quand on vivait dans les grands bois de la Plouquie Profonde. Au départ ça s’écrivait bio-mormons avec un tiret. Nos voisins en étaient. Jeune couple sans enfants. Lui grande perche osseuse au regard creux balayant les bas-côtés de l’horizon, fuyant tes yeux. Elle petit jambon à coupe Jeanne d’Arc toujours l’air constipé, miel dehors et fiel dedans, faux cul comme pas permis. Alors en déconnant joyeusement autour de la table en bois d’arbre en bonne compagnie, le mot fut adopté. Ça leur convenait si bien à ces petits prédateurs fragiles coincés du fion. 

Ils pouvaient pas nous blairer et c’était tout à fait réciproque. Logique. Le voisin du dessus les avait dans le pif aussi, ces pieds tendres à sang de rave, et il avait le nez long comme tous ceux de sa race finaude de petit paysan gascon croisé bougnat, le monsieur. Ils s’étaient installés dans le coin tout récemment avec l’idée d’y rester. Ils débarquaient de leur monde de biomormons chez nous, autant dire chez les Sioux. Évangélistes pour couronner le tout. Sans défaut apparent, vicieux et souriants. 

Tous les autres biomormons sont comme nos deux premiers, de quelque variété qu’ils soient. Car il en est de toutes sortes et pas que des évangéliques. Leur point commun : imposer leur putain de morale hygiéniste zombie aux bien vivants. Et leur trouille irraisonnée de tout corpuscule douteux. Les particules fines sont dans leur collimateur, et pas que. 

Ils sont les surgeons de ces ligueurs vertueux massacreurs de Sioux en Amérique. Les puritains comme on disait autrefois. Des moralistes modernes, de ceux qui aiment le sexe bien emballé, sous atmosphère conditionnée, gymnastique. Et propre ; bien dans les clous du saint Livre psychiatrique. Tous partisans de la prohibition de tout ce qui fait le sel de la vie. Les bons trucs un peu cracra qui nous font vivre : les ivresses et les rêves les plus fous. L’âpre et le soyeux. Le chatoiement inutile, la fioriture purement décorative, le fou rire et le bel amour. Les copains. La clope, même à vapeur électronique. Les gros mots, les blagues de cul, le pinard et la fumette. Je vous cause même pas du second degré qu’ils prennent pour du premier à tous les coups. 

C’est des gens de bien qui voient le mal partout. Sauf là où il se terre : dans leur sang de navet, sous la peau de ces sacs à merde. Qui sont considérablement plus dangereux que le péril Jaune ou les islamigrés. 

Ils sont partout. Mais qu’ils se disent une chose : nous aussi.

Épluchons les biomormons !

 

…et le navet va…

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Trompettes dans l’éther

Grues cendrées

Les yeux au ciel

Au delà de la soupe aux nuages

L’azur vibrionne en écarquillant tout grand…

 

Je me dis : le vent glacial les pousse au cul alors c’est pareil pour nous autres plantés comme des poteaux, les pieds dans la merde froide déversée à pleines charrettes par les puissantes canailles gouvernant le monde : profitons de la bise de novembre pour prendre la poudre d’escampette et faire des galipettes dans nos petites têtes pendant que les socialos enculent le populo, après que la bande à Sarko lui ait ouvert la voie. 

J’en ai pour mon argent avec ce nouveau gouvernement. De petits bureaucrates collets montés insipides grisâtres : crachin de novembre au palais. Un vrai régal de tous les sens. 

Oh, comme ils sont minables : c’en est presque émouvant, de les voir patauger dans les ornières tracées par leurs prédécesseurs, empêtrés dans leurs harnais trempés, se tortillant du fion avec leurs œillères bien ajustées, les sabots gras. 

Ah, qu’ils sont admirables, ces héros de l’idée zéro par nous élus au joli mois de mai. J’avais tant espéré voir ce fond de la pensée créative touché un jour et le voici ; et me voilà ravi, comblé d’aise : la vie vaut vraiment la peine d’avoir été vécue un bon demi-siècle pour assister enfin au parachèvement du grand œuvre des médiocres, dont la pitoyable brochette à Hollande est le couronnement. De cette sous-monarchie inavouée qu’on se farcit depuis le putsch des ronds-de-cuir et des notabliaux de 1789. 

Enfin : quatre ans et demi de rigolade et d’entartage à outrance en perspective, ça ne se refuse pas… car la crème chantilly lubrifie bien mieux la démocratie, que la vaseline du pot aux roses. 

E la nave va…

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Piquons à vif !

© Cyprien Luraghi 2012

 

Vu ce dont ces pourris se sont rendus coupables, faudrait te leur arracher les organes avec les dents, et puis te les couler lentement dans le béton et te les y laisser mariner jusqu’à ce qu’ils y claquent, en bloc. Après les avoir enduits de goudron puis saupoudrés de plumettes. Et poinçonnés à vif à l’Opinel king size. Tranchés façon jambon de Parme avec un couteau à beurre émoussé. 99 ans incompressibles à l’île du Diable, les fers aux pieds. Ou camisolés chimique à l’asile de fous à vie à se baver dessus, légumisés. Pilorisés sur l’internet à perpète. Livrés aux mouches. Jetés au tonneau à limaces après entartage aux clous rouillés. Et enfin leur décapiter la tête

C’est la première chose qui frappe sur les grands forums de l’internet : partout ce ne sont qu’appels à la mort et aux pires sévices, dans les commentaires. Les guillotines y sont bien engraissées et en pressant la sciure du plancher de ces échafauds et piloris modernes, le raisiné jute franchement, qui fournira le boudin poisseux dont la foule fera ses choux gras. 

C’est l’intérieur des tripes de cette multitude que je lis sur l’internet. Déballées sans vergogne sous couvert d’anonymat. J’adore. Quelle belle obscénité que voilà, et bien puante et fumante encore. Inutile de se crever le cul à dégoter un petit forum planqué, hanté de psychopathes thanatophiles : il suffit d’ouvrir n’importe quel quotidien régional ou national pour tomber dessus, pour peu que le sujet de l’article s’y prête − crimes sordides de toutes sortes − : ça gueule contre la lapidation des femmes dans les pays lointains, en vouant leurs bourreaux aux gémonies pour balancer ensuite le coupable préalablement tranché fin-fin dans la géhenne, de manière tout aussi sadique qu’icelui. Par exemple. 

Fascinant spectacle que celui de cette cette agora électrique transformée en place de Grève internationale. Étonnant grand-guignol gratis que cette brochettes de clients droits surgis de ces comptoirs en zinc d’autrefois, où pogromes et ratonnades en cancans allaient bon train tout en sirotant des blancs-cass’ : maintenant c’est tout un chacun qui y va de son petit jeu de massacre perso dans les catacombes du réseau à touches martelées de haine vengeresse, et le monde entier en profite. Étrons humains à masques de soie artificielle en plein rite sacrificiel après le turbin. Double peine capitale et exclusion définitive du circuit : si leur imagination morbide passait à l’action, notre planète bleue rougirait du sang de leurs victimes et les astronomes d’outre galaxie se gratteraient le crâne en apercevant cet étrange phénomène dans leurs lorgnettes. 

Bon : pendant ce temps-là ils font pas de bêtises, nos bourreaux de canapés. Les pédophiles satanistes de l’ultragauche barbue peuvent dormir sur leurs deux oreilles en rêvant à la commission de leurs prochains méfaits : les octets font tampon et rien de matériel, tranchant ou contondant, jamais, ne franchit la barrière des écrans. Seuls des petits grains de lumière colorée viennent frapper la rétine et se frayent leur chemin jusqu’à ma boîte à comprenette. Qui y trouve un plaisir joyeux sans cesse renouvelé ; la vision d’une vilaine troupe de méchants cuistres s’agitant en vain étant des plus distrayantes. 

Le problème sur l’Icyp, c’est que personne n’y souhaite jamais la mort de quiconque et que quand on y tranche des gens en rondelles, c’est pas pour de vrai. D’où le risque terrible de voir l’ennui mortel se pointer. 

C’est pourquoi en tant que Kondukator Kosmoplanétaire de la Déconnologie Pilotique (lamorillienne), je nomme Mon-Al bourrelle officielle à vie de l’Icyp : elle saura nous estrapasser nos condamnés après leur avoir fait cracher leurs aveux au concasseur à poulets,[1] j’en suis certain.

Cet édit est dit et édicté et l’infaillibilité kondukatoriale étant ce qu’elle est, la séance est close. Et indiscutablement discutable, juste en dessous de ce billet.

 

En partant de ce commentaire de Homère sur le fil précédent : CLIC 

E la nave va… 

  1. …ou pire… []
Également publié dans Déconnologie, Édits Vespéraux, Spectacle | Mots-clefs : , , , , , , | 1129 commentaires
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