Archives par catégorie : Édits Vespéraux

Mes vœux à la coque

Illustration © Cypien Luraghi 2009 - ICYP

Et mes vœux loutés, etc. Mais pas mes vœux durs, ni mes vœux nimeux, ni mes vœux vages et tout le kit. Sauf pour les salauds de tous bords qui ravagent la planète et font chier le monde. 2016 fut une année de merde et 2017 a de bonnes chances d’être encore plus pourrie, vu comment les pires ordures sont aux manettes. Je ne me fais pas d’illusions : ce soir ça fait la fête et demain ça trinquera.

Je nous la souhaite bien bonne quand même, et les suivantes aussi tant qu’à faire, d’autant plus que dans quelques mois on aura droit au Nouvel An chinois, au tibétain, à l’hindou, à celui des Newars de la vallée de Katmandou et j’en passe. Alors rien que des bonnes choses à vous, icypiennes et icypiens, et aux braves gens de notre chouette petit quartier à Puycity. Et à Annie, aux enfants, à toutes celles et ceux qui m’ont soutenu le moral − y en avait grand besoin −, aux gens de bien qui sont trop rares partout sur la planète : rigolos et rigolotes, pacifistes, altruistes et bienveillants de tous bords.

*

vert c’est

moisi ou poison

espoir aussi

pour certains

et puis les plantulettes

qui poireautent dans leurs graines

en attendant l’printemps

*

La Terre tourne rond sur son axe quoi qu’il en soit… e la nave va !

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En bande de bande

Photographie de Paul Grély - 1954 © fonds Auzanneau - ICYPSalut bande de bande ! À l’heure où j’écris ce petit billet, le 444 444ème commentaire s’apprête à être pondu icy. Comme les malheureux lecteurs ne peuvent lire que les billets, je vais me charger de leur filer quelques nouvelles de nos petites pommes. Histoire qu’ils ne soient pas trop frustrés, car la frustration peut mener tout droit à la folie furieuse. Donc d’abord : tout va bien à bord de notre petit navire. C’est encore l’été alors on se la coule douce en en foutant le moins possible à traîner des savates. Certains d’entre nous sont rentrés de leurs vacances et ils turbinent en tirant peu ou prou la gueule. C’est d’un banal, mais il convenait que ce fut su. Pour ce qui me concerne, j’ai passé l’été à réparer les ordinateurs de mes clients : c’est super original. Pour l’anecdote − totalement croustillante − : d’ordinaire au mois d’août c’est le calme plat mais grâce au nouveau Windows qui a planté plein de machines, les clients se sont pressés au portillon. Je remercie donc Bill Gates une fois de plus : ce bienfaiteur de l’humanité m’aura encore fait gagner plein de sous-sous cette année. Je remercie aussi les orages de la fin du mois dernier, qui ont eu la gentillesse de carboniser quelques ordis de mes clients adorés.

Sinon pour le reste, nous ourdissons toujours des tas de complots pas croyables, à l’abri de vos yeux indiscrets et de vos oreilles poilues : les déconnologues de la Franc-Limaçonnerie ne sont jamais en reste pour ce genre de conneries : entre l’invention du levier à renverser le monde et celle du jeu de mots ultra pourri capable de transformer en cake aux nouilles le plus robuste des militants national-fiontiste. On a aussi créé plein de nouveaux slogans démoralisants : c’est toujours bien d’en avoir quelques uns d’avance pour monter au front. C’est qu’on ne se bat pas avec des manches de pioches ou des kalachnikovs, nous autres, mais en balançant des bêtises à la tronche des fâcheux. Qui sont de tous bords de nos jours tant la confusion est à son comble…

La Grande Désabusion approche ! Rajoutons-en !

…E la nave va, les aminche(tte)s !

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Les carottes sont crues

Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2015

Ceci n’est pas un billet d’humeur désabusède. Ni un billet d’humeur tout court. Il est prévu que j’y parle de la canicule et de la Grèce. C’est chose faite. Je ne tenais pas particulièrement à traiter des deux sujets évoqués car quand la population souffre ou s’échauffe et pas moi, l’exhibition de mon petit bonheur pourrait navrer l’opinion. Qui se bat courageusement contre des conditions insoutenables alors que pas moi. Pas question de saper le moral des troupes et encore moins d’avoir ça sur la conscience ; donc je serai positif et vitaminé dans ce billet. Le positivisme vitaminé sauvera l’humanité qui, il faut bien le dire tout de même, est mal barrée. Et ce n’est pas être désabusède que de le dire. Mais à le constater, si. Comment ne pas le voir : nous allons droit dans le mur, sans freins. Et là il n’y a pas trente-six manières de réagir : hurler de terreur, s’indigner en poussant les hauts cris, serrer les poings pour casser le mur − et se les briser dessus inévitablement −, devenir désabusède en espérant que l’entrée en mur sera moins douloureuse, ou pratiquer le positivisme vitaminé. Consistant par exemple en l’accrochage d’une œuvre d’art au mur. Une œuvre distrayante, tant qu’à faire. Et vitaminée. Garantie sans trace de désabusement. Une œuvre reflétant fidèlement la réalité, tout en y ajoutant une touche de magie artistique. À dévorer des yeux et plus, immodérément. Et faire que le rêve se confonde avec la réalité. Songe d’un choc amorti tout en douceur contre un mur aussi immatériel que le reflet d’une toile peinte. Le kief.

Rien n’est perdu je vous le dis. Ne flippez pas, les aminches : les carottes ne sont pas cuites !

…e la nave va…

 

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Escargot, go, go !

Photographie © Pierre Auclerc - tritouillage : Cyprien Luraghi 2015On est de sortie alors on va baver tant qu’on peut et s’en coller jusque là et faut dire qu’après l’hiver l’estomac nous travaille alors je parle même pas des glandes de toutes sortes frétillant sous la coquille où tout est flaccide mais plus pour longtemps je vous le dis parce que achtung bicyclette barouette nous voilà barrés en goguette la langue râpeuse en avant droit sur la rose et mesclun contournant les obstacles et reniflant les bouses cornes au vent et après le festin vas-y que je te pousse le dard et qu’on s’envoie en l’air dans les orties pendant que les humains ces géants s’y piquent les mollets à cause de leur peau toute fine et trop sèche sans le moindre mucus émollient barrant la route à l’irritation comme on a nous autres francs-limaçons quand on est de sortie dans les vastes prairies de l’internet à baver bavasser rêvasser tout langoureux et les yeux dans le vague à penser sans cesse au bon mot lâché à la ronde qui nous mettra le cœur en joie vu que c’est la condition indispensable à toute bonne glissade entre bons amis allant à la cueillette aux petits plaisirs de la vie dont le dernier n’est pas d’aller titiller le tristos dans les endroits où cette misérable espèce pullule et puis de revenir ensuite pied dessus pied dessous icy pour nous fendre la pipe même que c’est ce que nous allons faire à peine ce petit billet vernal et tout guilleret sera publié et que le preum’s retentira en haut de la colonne des coms alors les aminches à tout de suite là en bas e la nave va.

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Prêchi-prêcha

Photographie de Paul Grély  - 1972 - © fonds Alain Auzanneau - tritouillage : Cyprien Luraghi 2015Tout le monde prêche pour sa chapelle. N’étant pas tout le monde je n’en ai pas. D’ailleurs je ne prêche rien du tout à personne. Prédicateur est une activité trop fatigante pour un comme moi, aimant bien se la couler douce. Et puis je n’ai nulle camelote à fourguer. Pas de verroterie clinquante, pas de lunettes miraculeuses, pas d’utopie paradisiaque, pas de panacée remédiant aux maux du pauvre monde. Rien de rien. N’ayant ni la science infuse ni un QI de 250, je me contente d’absorber les sucs suintants du monde comme l’éponge grattante au soir quand je fais la vaisselle en gambergeant gentiment sur le Ci et le Ça ou quelles bêtises écrire dans le prochain billet, et comment les emballer convenablement.

Non et puis alors c’est un métier à risque, sermonneur. Suffit de voir les missionnaires morts au combat de ces derniers jours pour vous faire passer l’envie de convertir le populo à vos idées géniales. Le genre de truc à refroidir les convictions les plus bouillantes. En chaire ou au pupitre, n’importe quoi peut vous arriver en pleine gueule, de plein fouet : une poignée de farine ou douze balles de kalach. Alors que pas de blabla, c’est la santé assurée et de bons vieux jours à se faire chier paisiblement en perspective. Pour vivre heureux, vivons muets.

…e la nave va…

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