Archives par catégorie : Déconnologie

Pieds Nickelés V2.0.0.6

Zoÿ camarades !

Le bienheureux Kondukator is back.
Rapidou, résumé :
Zolive m’avait promis il y a deux ans, quand on brassait du parpaing sur le chantier de la Maison Rouge, qu’il me payerait le voyage au Népal s’il vendait sa bicoque à bon prix. Ce qu’il fit. Zolive est un homme de parole…

Sauf qu’entre temps le bougre se niqua les cervicales : hernie discale, minerve, etc.
Mais bon… La hernie un tantinet stabilisée, notre gars en eut marre de tourner en rond dans sa cagna…

Donc l’autre matin je reçus un courriel d’icelui :

 

« Salut cypounet, j’ai trouvé des billets Paris-Katmandou très abordables avec une escale de 4 heures a l’aller et 5 heures au retour ce qui est raisonnable, j’ai fait pire. Sur Gulf Air, est-ce fiable? La période la plus intéressante au niveau tarif est du 20/03/2007 au 24/04/2007 ou 03/05/2007? Est ce que ça correspondrait à tes disponibilités?
Par contre d’après mes différentes lectures à ce sujet, il faut des autorisations du royaume avec versement de pépètes pour les treks.
Penses tu qu’un porteur est abordable? L’Olive s’emballe mais actuellement je ne peux pas porter de poids excessif par rapport a ma putain d’hernie.Ton expérience peut certainement répondre même si les temps ont peut être changé là-bas. Je te chauffe un peu dans cet automne gris de notre plat pays……….Bisous a ta tribu. »

 

Pendant le même temps, à cent pas de chez nous, l’ami Gilbert et sa Myel bouillottaient dans leur coin ;après trois ans passés en Inde et au Népal avec leur petite famille, l’envie d’y retourner les démangeait gravement…

Par le plus pur des hasards (mais le hasard peut-il donc être impur, hein ?), nous nous retrouvâmes comme trois mamies, papotant avec Annie et nos progénités devant des pâtisseries et quelques tasses de thé ; Zolive déboulina soudain, pour aller se coinçant les pinceaux sous la table carrée… Et blablabli et blablabla, jusqu’à quatre heures du mat -j’en ai la voix tout arauquie-…

Vous ne savez pour l’heure rien de Gilbert. Je vous convie donc à vidéonner ensemble une oeuvre de son cru pour vous faire une idée du trio qui s’en ira bientôt vous stimuler les zygos… car nous sommes zigotos, ça va sans dire.

La vidéo a été tournée à Goa il y a quelques années. C’est la recette du poulet tandoori en live, comme vous ne l’avez jamais vue. C’est en anglais, mais n’ayez crainte : avec l’accent de Gilbert, no problem !!!

 

GILBERT’S TANDOORI CHICKEN

 

 

© Gilbert Caruso

Cliquer pour lire la vidéo

 

 

 …Pour les Zadéesselles…

 

(cliquer pour lire la vidéo)

 

…et les punis du réseau… (Coucou Catherine) 
 
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Y a plus de papier

Collection personnelle

 

 

C’est la fin des haricots : y a plus de papier.

C’est la panne.
D’où, panique.

Plus de papier, plus de bulles
et plus de papier-bulle, du coup.

Ou bien du cul ?
Du papier en tout cas,
avec lequel on fait de tout ;
des bouquins,
-souvent des merdes-
dont il faut se torcher
les tortueux boyaux
de la pensette.

Qu’avec le Net,
t’as pas de blème : rien que le mot dit tout.

Y a rien, tu peux plus lire au lit…

 

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Un quart de Terre à l’Est

© Cyprien Luraghi - Inde - Ujjain 1993

 

En Australie, on roupille
comme des chauves-souris.

En Inde on vit penché.

 

C’est la fin de Dashaïn !

Au dixième jour de la fête
on est gentils les uns avec les autres.

Le reste du temps, on devrait…

 

 

 

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Plan de boulet

5 octobre 2001

Je dois remplir mon dossier de demande d’aide sociale : l’AS de la SGDL me l’a rappelé hier au téléphone. C’est pas bien, j’aurais dû le faire avant. Cyp, tu laisses traîner les choses et puis après tu te plains que ça foire… Non, non madame ! Objection : j’étais super malade. Oui, voilà madame : j’étais avant-hier chez Jean et Marie, qui sont charcutiers à Pouliviac et je leur bricolais quelques améliorations sur leur ordinateur, de façon à ce que ça ne plante plus. Tout un truc. Dans ces cas-là je me fais payer en nature : trois heures de réglage contre un gros tas de saucisse sèche. Impeccable, mon garçon, faut bien vivre après tout. [NVDF du 20 août 2015 : peu de temps après je devenais dépanneur officiel avec ma petite asso 1901.] Je rentre à huit heures et voilà que je me sens mal. Très très MAL, madame. Une gargantuesque gastro des familles, tenez : c’est la spécialité du grand Sud-Ouest. Et puis hein, juste avant, les yeux dans le sable à me scanner des trois cent pages et des pour vous offrir un Sitacyp encore plus beau. Un ex-chômeur en cours d’inscrip’ au RMI qui bosse comme ça, c’est louche. Un peu mon ami que c’est louche. C’est le statut de l’écriveur moderne. Tant mieux, comme ça on coûte pas cher et on fait pas chier. En revanche, il n’est pas interdit de mordiller la main qui nous nourrit. Non ?

Si.

J’aime pas les Friskies® au lapin, je préfère le Sheba® sauce chasseur. Comme avant-hier, je continue à dresser le portait de l’ami Serge Tassopardo. [NVDF du 20 août 2015 : un billet lui a été consacré pour célébrer sa mémoire quelques années plus tard : CLIC]

6 octobre 2001

C’est samedi, ça passe et ça repasse sous les fenêtres ; les poulets piaillent, effrayés par le trafic et le barouf : les chasseurs sont de sortie. Ça m’énerve et en même temps je m’en fous. C’est depuis qu’ils ont construit un cabanon de chasse dans les bois du père Roudy, à trois cent mètres de la Cazelle. Mais ils se sont calmés; depuis trois ans c’est le gendre à Roudy qui fait la police; il a des enfants, il sait ce que c’est. Avant, ils fonçaient par grappes de dix bagnoles à 80 à l’heure et maintes gallines se sont retrouvées laminées…

− C’est vos poules, ça, monsieur ? dit l’automobiliste.
− Ah non, les miennes sont pas si plates…

Justement, ce soir on assassine. Deux coqs au moins. Ils sont tout petits, nos coqs, pas plus de 900 grammes à l’arrivée, mais alors ils sont trop bons. Leur chair a le goût du gibier. Elle est sombre et ferme, pas filandreuse du tout, les os sont recouvert d’un périoste très bleu. C’est étrange, on a l’impression de manger du dinosaure miniature. Mais les poulets sont des petits dinos, en fin de compte. C’est con, j’ai pas de magnéto, sinon je vous collerai une séquence sonore qui vous ferait comprendre de quoi je cause. Les poulets, quand ils se parlent c’est tout un truc. Rien que la ponte, c’est toute une affaire. Ah ! le cri de ponte ! [on peut, bien sûr, m’offrir un enregistreur mini-disc doté d’un bon micro, ça n’est pas interdit… tout le monde en profiterait, non ?]

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Un plan Bill

25 septembre 2001

Il ne s’est pas rien passé, non. Et ce fut plutôt drôle, ou presque. Dimanche dernier, Bill est passé à la Cazelle pour me ramener mon motoculteur. C’était à l’heure du petit gorgeon : on est dimanche après tout, quoi… On s’en est donc jeté deux, trois petits pile dans le gargagna, et puis on a causé baraque. Ça nous meuble les conversations, ces derniers temps ; et puis ça sent l’automne, le temps d’envisager notre décanillement.

− Ouais, Cyp, tu te souviens du plan que je t’avais causé, l’autre jour ? Tu sais, mon pote JP qui fait du gardiennage près de Pouliviac…
− Ben je crois bien. Ouais ben ?
− Y a que le JP, il veut se barrer de là où il est : on devrait aller le voir. Ça serait super, pour vous. Elle est grande, sa baraque. Y a au moins autant de pièces que chez vous, et c’est paumé au moins autant qu’ici. Je l’ai appelé ce matin sur son portable, mais ça répondait pas. Mais il doit être là, il bosse pas, aujourd’hui. Allez, on va voir ?
-OK…

On s’embraye sur le spaghetti bitumé qui nous mène en dix minutes à peine à l’entrée d’un chemin carrossable d’un demi-kilomètre, sinuant sous la voûte des arbres, pour déboucher sur une patte d’oie ; à gauche c’est chez les proprios et tout droit chez JP, qui n’est pas là. Bon, on se fait un petit tour vite fait, histoire de voir à quoi ça ressemble. C’est meumeu, je dois dire : au flan d’un vallon clair et rond tout couronné de bois, ouvrant sur de grands prés, s’étalent en pente douce trois corps de logis en belle pierre jaune, bordés d’un piscine. Le tout est refait avec goût, voire un peu trop propret. Ces gens ont du pognon, c’est manifeste. Ça saute au naseaux.

− C’est super, hein, dit le Bill…
− Ah ça c’est sûr…
− Ben on y va, alors. Le JP on le verra un autre jour, en attendant tu auras vu la maison.
− Hé Bill, y a quelqu’un…

Une porte vitrée s’ouvre, une mémé apparaît, affable et ronde. On lui explique qu’on allait voir JP, mais qu’il n’est pas là et qu’on a fait un petit tour, vu que c’est beau et qu’il fait beau. Et là mon Bill se lance :

− Oui, parce que JP a envie de partir, alors j’ai amené mon copain Cyprien pour qu’il voie, au cas où ça pourrait le faire, un jour…
J’ai blêmi, mais je pouvais pas lui taper du coude. Et il a continué, continué…
− Ah mais c’est que JP ne nous a rien dit, à mon mari et moi. Mais laissez moi votre téléphone, monsieur, nous vous appellerons sans faute.

Au retour, dans la camionnette, j’a dit à Bill :

− J’espère que t’as pas fait une bourde, rapport à JP…

*

Ben si, il l’avait faite, la bourde. Et bien, même. Le proprio m’a appelé quelques jours plus tard et on a convenu d’un rencart. Mais d’abord, Annie et moi, on a voulu voir JP.

− Allô JP ? C’est Cyp, un pote à Bill.
− Ouais ouais, il m’a parlé de toi…
− Il m’a dit que t’avais envie de te barrer de chez toi et comme on cherche une maison, hein…
− Et il leur a dit quelque chose, aux proprios ?
− Ben, euh… je crois bien que sa langue a fourché, au Bill.
− OH PUTAIN !!! J’comprends, maintenant, pourquoi ça fait une semaine qu’il me tire la gueule, le vieux ! Mais il est con, ce Bill ! Non mais venez quand même, j’vous expliquerai…

*

26 septembre 2001

Hier matin, on a posé les mioches à l’école de Pouliviac, on s’est jeté un jus avec le Barbu[1] et, à dix heures et des on a filé chez le JP. À peine extraits de la bagnole, le proprio nous tombe dessus. C’est un Popeye barbu, aux trois-quarts chauve et âgé qui nous toise du haut de l’escalier menant au logis de JP.

− Bonjour monsieur, qu’il me lance avec un sourire plat et pincé, les yeux un peu dans le fou… il croit que c’est lui qu’on vient voir…
− Bonjour monsieur, on allait voir JP : c’est pour lui causer… Il a soudain l’air paniqué, confus, presque méchant.
− Mais qu’est-ce que c’est que ces histoires ? Moi, je ne suis au courant de rien, enfin si vous allez le voir vous allez lui parler de quoi ?
− Ben, de ce qu’il a envie de faire, et nous aussi…

Popeye s’en va. Annie me lance une grimace entendue [pour ça elle fait ainsi : elle soulève un coin de sa lèvre supérieure droite ; elle seule y parvient]. La porte est grande ouverte, JP est là, grand et maigre, la mine tout à la fois réjouie et contrariée.

JP bosse à mi-temps en CES pour la municipalité de Pouliviac. JP en a plus que marre de son proprioche : dix fois par jour il gratte à sa porte pour n’importe quoi, c’est un anxieux pur et dur qui harcèle son JP. Aucune intimité ne lui est permise, son bourgeois parisien lui en fait voir à mort ; plus moyen d’écouter de la zique, il se sent castré. Evidemment, c’est un coup de bâton dans l’eau, pour nous. On ira voir ailleurs. En revenant à la Cazelle, je téléphone à Popeye et je lui arrange le coup avec JP.

− Mais non, monsieur, JP n’a pas du tout l’intention de partir; c’est notre copain Bill qui a gaffé, rien de plus; il avait cru comprendre que…

Croix sur la baraque de nos rêves donc, une fois de plus.

  1. L’ami photographe dont je cause dans le billet lié « Un mec bien » []
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