Archives par catégorie : Déconnologie

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Illustration © Cyprien Luraghi 2017 - ICYP

Quel rapport entre le titre de ce billet et son illustration ? Aucun. Ne cherchez pas, ce serait peine perdue. Non, ce n’est pas une allusion à la double bête de l’Apocalypse à laquelle croient les doubles gogos. Et idem : il n’y a pas le moindre lien entre ce nombre et le moindre chou. Malgré le fait irréfragable qu’un lien existe bel et bien sur ce chou. Ne vous fiez pas à votre intuition : c’est une conne. Pourtant je sens bien que cette conne vous titille les neurones. C’est chose normale d’intuiter, je sais bien puisqu’il m’arrive assez souvent de le faire, même qu’à l’instant présent j’intuite plus que de raison afin de pondre ce billet post solsticial. Justement, à peine passée la canicule, bientôt les frimas avec les nuits à rallonge. Donc du chou au souper, légume roboratif s’il en est. Surtout farci et ceint de barde. Et ficelé dans les règles de l’art du shibari.

Les cent cinquante mots du paragraphe précédent n’ont qu’un but : en étant disséminés de par la planète et le truchement des moteurs de recherche de l’internet, attirer les gogos croyant dur comme fer à leur connasse d’intuition, afin qu’ils en déduisent des tas de conneries pas croyables. Car si un chouille d’intuition est signe indubitable d’humanité, ne pas boucler la gueule à cette conne en la hachant menu à l’esprit critique est signe de connerie irréductible. Or un des buts de la Déconnologie est précisément de se foutre de la poire des trous du cul de la Trouducosphère. Qui sont légions par les temps qui courent. Lire leurs étalages de conneries est un plaisir de fin gourmet.

Plutôt qu’être partie prenante dans le concert planétaire des consternés et des indignés fustigeant le raz-de-marée de nouvelles bidons, de mensonges grotesques, d’associations d’idées et de liens foireux, autant rire de ces pauvres choux. Pour ce que le rire est le propre de l’homme.

En attendant, puisqu’on est entre nous icy, je vous le dis tout net : c’est sous ce billet que sera commis le 666 666ème commentaire.

Rajouti du 2 juillet : c’est Zebao qui a commis le 666 666ème commentaire de l’Icyp :

…E la nave va… ![1]

 

  1. Framboise92 vient d’ajouter dans les commentaires : « Du chou… et la rave va. » []
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Débarras du choix

Népal oriental 1988 - © Cyprien Luraghi - ICYP 2017

Bon voilà, je me suis bien fait chier à tout retourner dans les caisses d’archives pour remettre la main sur cette foutue diapositive. Deux jours, à temps perdu, ça a pris. Et puis merde et remerde : elle est sous-exposée à mort et vu l’ancienneté, le magenta a pris le dessus sur les autres couleurs. Et elle est pleine de rayures et de pétouilles, en plus. J’ai considérablement râlé en la numérisant et encore bien plus en la restaurant et puis le résultat est là, vous l’avez sous les yeux. Et maintenant j’ai l’air parfaitement nouille avec ma mémé népalaise complètement dingo qui fait rigoler les frangines. Je cale, là, depuis des jours et des jours. J’avais un sujet pour le nouveau billet et il s’est évaporé en cours de route à cause de tout ça. Alors j’ai mis la tambouille sur le gaz une fois, puis deux, trois, quatre et même plus et à chaque fois au bout de quelques lignes, je foutais tout à la poubelle. Râlant comme un pou et tournant comme un lion en cage. Pas facile de parler de soi sur Internet, surtout après un billet comme le précédent. C’est beau, le progrès et tout le tralala, mais quand même : nous autres scribouillous on était vachement plus libres autrefois en écrivant des livres en papier d’arbre. Bien sûr, les éditeurs étaient un peu crapuleux sur les bords parfois, le copinage était la norme, les pourcentages et les à-valoir minables. Mais on pouvait y aller franco sans craindre les représailles. Les lecteurs savaient que c’était du roman.

Il n’y a pas de récit objectif, même dans les rapports de police. La mémoire est heureusement sélective et elle arrange toujours la réalité à sa sauce. Et c’est mieux ainsi car les hypermnésiques sont rarement des gens fréquentables. Qui voudrait taper la causette avec une espèce d’insecte à circuits imprimés rabâchant toujours les mêmes conneries objectives en vrac et sans intérêt, sur un ton péremptoire ?

La mémé sur la photo, donc. C’était en 88 tout à l’est du Népal dans les collines un peu avant Ilam et Darjeeling, dans une gorge bien paumée. Elle vivait là dans sa petite cabane et quand un piéton passait par là − très rarement −, elle entamait une petite danse à tous les coups. Et les frangines qui étaient de sa famille, venaient parfois lui rendre visite. Personne ne savait pourquoi elle était devenue folle un jour et personne n’avais songé à le savoir, ni à savoir de quelle sorte de folie il s’agissait. C’était comme ça et pas autrement. En tout cas elle n’avait pas l’air d’être malheureuse dans son joli petit monde perdu tout au bout du monde.

Son bonheur apparent cachait peut-être un gros malheur, mais ça on ne le saura jamais. Et c’est tant mieux. Restons calés sur le bonheur, les aminches…

…E la nave va… !

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Mondiablisation

Illustration © Cyprien Luraghi - 1985-2017 - ICYP

L’anxiété est à son comble et comme c’est plus facile de casser de l’islamigré que de lutter contre le bouleversement climatique, la foule planétaire tape du poing dans la gueule, se tartine les yeux de merde et se colmate les oreilles à la truelle. Ce même outil lui servant à s’emmurer avec des parpaings tout moches.

La fin du vieux monde est proche, mais bordel, il n’en finit pas de crever en exhalant la puanteur de toutes ses tares accumulées au fil des millénaires. Il est déjà peut-être mort, mais ses grosses pattes s’agitent encore, moulinant dans le vide.

Il y a très longtemps, la première tribu est partie arpenter à pinces jusqu’au bout des horizons. En cours de route elle s’est dispersée et perdue de vue. Quand il arrivait à une tribu paumée au milieu du rien béant, d’en croiser une autre, elle lui foutait sur la gueule. Normal. La normalité étant comme disent les psys, la réalité communément partagée. Sur l’Icyp depuis bien quinze ans il existe une rubrique intitulée « psychopathologie de la réalité ». C’est un peu de ça qu’elle cause. L’éloignement des autres, l’isolement, le repli, tout cela rend bredin. Fou comme un lapin. Comme un coq sans poules.

Le monde est un seul pays peuplé d’une seule tribu, mais il ne le sait pas encore. Ça viendra. Peut-être au XXIème, ou au suivant. Allez savoir… Le plus vite sera le mieux. Quand on gratte, sous la peau c’est toujours rouge (proverbe tibétoïde).

*

En attendant mieux, les citoyens de la tribu du cru qui votent, en pincent pour Alfred E. Neuman,[1] j’ai l’impression ;-)

 Image libre de droits

 

…e la nave va…

  1. Le génial Mandryka propose un voyage au doux pays d’Alfred E. Neuman à partir de cette page de son génial site concombrifère : CLIC []
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Abstention Présidente !

Photographie : Pierre Auclerc - tritouillage : Cyprien Luraghi © 2016 - ICYP

Darder les œils hors de la coque, suçoter deux trois gouttelettes de rosée, suivre la petite nervure afin de rejoindre la grande. S’extraire du rêve, enfiler les habits, siroter le caoua, se munir de la carte d’électeur, monter à la mairie de Puycity en suivant la venelle jusqu’à la Grand’ Rue, faire la queue, foutre dans l’urne à Marianne : ce rituel immuable et saisonnier, c’est fini. Ça s’arrêtera au caoua dorénavant. C’est que je ne me sens plus franchement citoyen, voyez vous. Plus du tout, même. Pour des tas de raisons que je n’ai pas envie de décliner icy. Des raisons purement personnelles. Rien de politique là-dedans. Encore que, dans le fond, en y réfléchissant bien…

La démocratie est un produit de consommation courante comme les autres. Ces salades qui nous gouvernent, déjà. Ces grosses légumes qui se gavent au détriment de nos nutriments. La liberté pour les uns et cause à mon cul pour les autres. L’égalité à tous les étages, surtout ceux du haut. La fraternité entre gras de la bourse et démerde-toi coco avec les autres cocos fauchés et si tu te plains je dégaine mon poster de petit soudanais famélique. Et le gaz sarin si nécessaire. Et le vilain Assad avec deux s comme dans SS et son copain Vladolf en père fouettard.

Non mais j’exagère, là. Je déconne. Pas possible de faire autrement : un déconnologue franc-limaçon, forcément, ça donne dans la déconne. Obligé. La démocratie c’est super cool, en réalité. J’ai eu vécu dans une espèce de dictature molle au Népal du temps de la monarchie, il y a une bonne trentaine d’années. C’était nul à chier pour les gens du cru, c’est vrai. Depuis, ils ont adopté une superbe démocratie et ont bien pris soin de conserver les antiques traditions de graissage de pattes à tous les étages. Surtout celui du haut.

Donc voilà : ce sera sans moi ce coup-ci et tous les coups suivants. J’ai déjà donné, on m’y reprendra plus. Et pis c’est tout. Après, je ne me moque pas des moinspiristes qui iront voter contre à défaut de candidats potables, pensant nous éviter le pire. Dans le fond ils ont peut-être bien raison. Chacun fait ce qui lui plaît et comme le proclame fièrement la devise de l’Icyp : FAYS CE QUE VOULDRAS.

Sur ce je retourne à mes salades, broute, broute.

E la nave va !

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L’HYGIÉNISME PUE

Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2017Tant que l’Outre-Atlantique s’astique le cauchemar climatisé entre soi, tout va bien. Faut bien que l’océan serve à quelque chose. Mais il en faut plus pour que cet obstacle naturel salé peuplée de monstres gluants, empêche les ligues d’hygiénisme vertueux américaines de venir nous faire chier jusque dans nos campagnes. Sans parler des villes, dont je ne dirais[1] mot tant qu’à faire. Ces gens-là qui redoutent le miasme, le microbe, le saint-nectaire au lait cru et encore plus son association suspecte[2] avec du pinard, ignorent la sagesse exprimée par tant de mamans bien de chez nous : « les petites bêtes, ça mange pas les grosses ».

Exit tout ce qui a bercé nos belles années : le bon gasoil bien gras, la clope, l’amour sans caoutchouc, les rebords de trottoirs non matelassés, etc. etc. Aujourd’hui en ouvrant le journal je tombe là-dessus : «On a été sauvées par la clope ! ». En résumé un lycéen avec plein de nœuds pourris dans les boyaux de sa tête, a lamentablement tenté de buter plein de monde dans son bahut. Heureusement, c’était un gros nul et personne n’est mort, ouf. Et donc la clope clopée en catimini dans le garage à motos du lycée a sauvé ces deux jeunes miraculées. Alors qu’en général elle tue plein de monde, la vilaine. Comme le fait est patent, l’anecdote est contée dans les journaux, qui pour une fois peuvent le faire sans risque. Mais dans l’ombre, le biomormon veille au grain et au ministère de l’Hygiène, la ministre a écarquillé des soucoupes, tant elle est choquée par cette exclamation joyeuse d’une jeunesse qui pourrait éventuellement se mettre à cloper à mort en suivant le mauvais exemple induit par ladite exclamation.

La ministre de l’Hygiène va se retourner dans son lit toute la nuit, torturée, obsédée, suante, et puis au petit matin vous allez voir : elle interdira les garages à motos dans les lycées.

Il est grand temps de changer de paradigme,[3] les aminches ! E la nave va ! Et merci à Konstadt[4] pour sa précieuse collaboration !

  1. Un débat fait rage dans les commentaires actuellement : s ou pas s à la fin de « dirai » ? []
  2. Rappel utile : nous autres déconnologues prononçons − et écrivons, d’ordinaire : sussepaicte. []
  3. Je HAIS ce mot, berk ! []
  4. Un déconnologue distingué et tamponné sur l’œuf []
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