Archives par mois : mars 2018

Indicible au-deçà

Photographie : Pierre Auclerc-Galland - tritouillage : Cyprien Luraghi © 2018 - ICYP

Personne ne sait ce qui se trouve au delà. Tout le monde ou quasi se le demande. Pas moi. Je m’en tape complètement de l’au-delà. L’au-deçà me convient parfaitement : une longue vie ne parviendra qu’à l’effleurer à peine, déjà. Partir du bout du nez et petit à petit inhaler l’espace alentour en s’aidant des pertuis sensoriels dont nous sommes abondamment dotés. C’est ça, le truc : faut pas chercher plus loin que le bout de son nez. Sachant comme le dit la sagesse populaire, que l’imbécile regarde le bout de son doigt. Quant à celui qui regarde la Lune, la sagesse populaire reste muette à son sujet tant il est tabou. La connerie n’y retrouverait pas ses petits. 

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Par delà la rosée sur les vitres au matin, il y a le mur tout gris de l’ancienne minoterie droit dans l’axe. Dès le mois prochain la vigne vierge le verdira, ravissant mes yeux picotants d’être si souvent rivés sur l’écran de mon tout petit ordinateur de travail. Dans la venelle parfois quelqu’un passe, un pain sous le bras ou un chien en laisse. Les minots du quartier font les andouilles sur leurs petits vélos bariolés. Au delà rien ne semble exister. Pourtant je sais d’expérience, pour avoir longtemps bourlingué, que le monde ne s’arrête pas à cet horizon bouché. En lisant le journal je vois bien que l’humanité s’agite au loin. Les amis venant du dehors m’en rapportent des nouvelles fraîches. Dont je déduis depuis mon coin de table en bois d’arbre, que le monde est en plein boum actuellement. Ça craque de plus en plus aux entournures. En bien, en mal : drôle de mélange bouillonnant. Drôle de siècle. J’attends la suite, tous sens en éveil, avide de humer l’air du temps. E la nave va… 

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Je les déteste tous

Illustration © Cyprien Luraghi 2018 - ICYP

Tous mais pas tous, en fait. Ça dépend lesquels. D’à quelle catégorie ils appartiennent. Les gens des catégories détestables le sont sans exception. Les militants par exemple : putain qu’est-ce qu’ils sont haïssables, tous. Pas un pour racheter l’autre. Pas que les militants politiques : tous ceux de toutes sortes s’entichant de fantasmes puérils à pas d’âge. Les ultravégétaliens fous, par exemple, tout comme les carnivoraces azimutés. Il en va de même pour les masculâtres et les féminulistes : que le berk les submerge, ces pnutres ! Et je pourrais tartiner les listes interminables de ces catégories d’odieux minables. Heureusement pour vous aussi lecteurs, j’ai trop la flemme de faire chose aussi fastidieuse. Évoquons tout de même le tanguy libertarien antitaxes qui attend l’héritage en bon bernard-l’hermite, chez papamaman. Et puis le petit nazi aussi, qui a le vent en poupe ces derniers temps. Le bren au fion, en fait. Face à lui, le néogarde rouge s’énerve très fort quand le quidam a l’outrecuidance de dire du mal de son mentor cramoisi qu’il appelle Jean-Luc comme si c’était son copain. J’arrête là car un billet de blog c’est court et puis c’est dimanche, d’abord. 

Exécrer les répugnaces c’est bien joli, mais épuisant au possible. Tout comme conspuer le gnière et morigéner la gniasse. Le mieux c’est d’en rire, de ces tristes cires aussi mortellement repoussantes qu’à Grévin. Ça ne les déridera pas, mais peu importe. La seule chose qui compte c’est que leur sinistrose soit l’aliment de nos bonnes humeurs comme la soupe au potiron l’est à nos estomacs avides.

…e la nave va… 

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