Archives par mois : mars 2017

Le bal des gens pires

Photographie : Paul Grély 1961 - © Fonds Auzanneau - tritouillage : Cyprien Luraghi

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Les pipistrelles sont de sortie, c’est de saison.

Enfin j’anticipe un peu, là elles doivent lentement s’extirper de la torpeur hivernale et envisager en leur for intérieur, que la vie n’est pas que rêve comateux.

Les vampires eux, ont le sang chaud et le goût du sang ; c’est en tout temps qu’ils font la sarabande et au gai printemps plus encore, mènent la danse, vent en poupe.

Crocs en avant.

Heureusement, on ira tous au paradigme.

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E la nave va !

(mercis à Apicius pour le titre et Croûton pour la dernière phrase de ce billet tout court)

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L’HYGIÉNISME PUE

Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2017Tant que l’Outre-Atlantique s’astique le cauchemar climatisé entre soi, tout va bien. Faut bien que l’océan serve à quelque chose. Mais il en faut plus pour que cet obstacle naturel salé peuplée de monstres gluants, empêche les ligues d’hygiénisme vertueux américaines de venir nous faire chier jusque dans nos campagnes. Sans parler des villes, dont je ne dirais1 mot tant qu’à faire. Ces gens-là qui redoutent le miasme, le microbe, le saint-nectaire au lait cru et encore plus son association suspecte2 avec du pinard, ignorent la sagesse exprimée par tant de mamans bien de chez nous : « les petites bêtes, ça mange pas les grosses ».

Exit tout ce qui a bercé nos belles années : le bon gasoil bien gras, la clope, l’amour sans caoutchouc, les rebords de trottoirs non matelassés, etc. etc. Aujourd’hui en ouvrant le journal je tombe là-dessus : «On a été sauvées par la clope ! ». En résumé un lycéen avec plein de nœuds pourris dans les boyaux de sa tête, a lamentablement tenté de buter plein de monde dans son bahut. Heureusement, c’était un gros nul et personne n’est mort, ouf. Et donc la clope clopée en catimini dans le garage à motos du lycée a sauvé ces deux jeunes miraculées. Alors qu’en général elle tue plein de monde, la vilaine. Comme le fait est patent, l’anecdote est contée dans les journaux, qui pour une fois peuvent le faire sans risque. Mais dans l’ombre, le biomormon veille au grain et au ministère de l’Hygiène, la ministre a écarquillé des soucoupes, tant elle est choquée par cette exclamation joyeuse d’une jeunesse qui pourrait éventuellement se mettre à cloper à mort en suivant le mauvais exemple induit par ladite exclamation.

La ministre de l’Hygiène va se retourner dans son lit toute la nuit, torturée, obsédée, suante, et puis au petit matin vous allez voir : elle interdira les garages à motos dans les lycées.

Il est grand temps de changer de paradigme,3 les aminches ! E la nave va ! Et merci à Konstadt4 pour sa précieuse collaboration !

  1. Un débat fait rage dans les commentaires actuellement : s ou pas s à la fin de « dirai » ? []
  2. Rappel utile : nous autres déconnologues prononçons − et écrivons, d’ordinaire : sussepaicte. []
  3. Je HAIS ce mot, berk ! []
  4. Un déconnologue distingué et tamponné sur l’œuf []
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Ô temps pourri, ô Mauresques !

Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2017

Quand je ne sais pas de quoi ça va causer dans le prochain billet de l’Icyp, je demande aux copains dans les commentaires ce qu’ils auraient envie au menu. Et je note en faisant scritche, scritche. Après, je prends où pas, c’est selon. Là c’est Tigerbill qui a suggéré d’évoquer « le temps de merde qu’avant c’était la faute des spoutniks, et maintenant c’est de la faute des arabes ». Soit. Et qui dans la foulée nous a pondu le titre. Et maintenant j’ai l’air fin avec la photo de mes deux amoureux déjà calée sur le marbre. Va falloir faire avec, donc.

Les grues cendrées qui viennent de passer au dessus de Puycity se rient des frontières débiles. Comme les grues du bois de Boulogne et les réfugiés de Calais. Comme les vils islamigrés débarquant en masse pour bouffer notre pain national et anéantir notre race. Enfin je peux parler, avec un nom à coucher dehors et ma polenta ancestrale en guise de pain. Il faut bien l’admettre − et c’est moche − : les discours paranoïaques ont le vent en poupe. Un mauvais vent punais, contrairement à l’autan qui nous apporte la bonne chaleur sarrasine, pourtant. Et le printemps. Et l’amour. Et les ébats joyeux dans les buissons et les fêtes à confettis.

Ah oui, on m’a demandé aussi de parler de la campagne électorale. J’allais oublier. Hé bien je ne sais pas trop quoi en dire, sinon que les candidats me font penser à des canassons se speedant pour emporter le tiercé. Ne jouant pas aux courses, ça me concerne aussi peu que possible si ce n’est que ces canassons peuvent être du plus haut comique, ces derniers temps. Jamais je n’aurais pensé pouvoir rire en écoutant Fillon, par exemple. Ni en écoutant Le Pen débiter sa prose hallucinée et encore moins en contemplant le populaire frissonner à son unisson quand elle évoque le Complot. La méchante connerie est contagieuse, faut croire. Un des plus antiques ressorts de l’effet comique est la gestuelle des fous : on est servis de nos jours. La chute est le deuxième ressort de la rigolade : le coup classique de la peau de banane sur le trottoir.

À force de gesticuler, les fous chuteront. Comme en avril 45. Patience, les aminches ;-)

…E la nave va !

 

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