Archives par mois : octobre 2015

Alliances contre Nature

Photorgaphie : Pierre Auclerc - tritouillage : Cyprien Luraghi © 2015 - ICYPÇa ne se réchauffe pas et pourtant c’est du réchauffé qui nous est servi. Il s’agit de choisir son camp : les chiens de guerre se grognent au museau. Oui mais voilà : je suis un adepte de la non violence et de ce point de vue tous les camps sont de mauvais camps, actuellement. Ce choix obligatoire ne me concerne donc pas. Je reste en dehors de tout ça, comme toujours. Après tout je n’ai pas été objecteur de conscience pour faire joli, dans les années 70. Mes convictions sont invariables ; celles de nombre de gens autour de moi sont versatiles, par contre. Donc si des amis ou des copains choisissent leur camp de la mort, eh bien je les raye de mon carnet d’adresses d’un trait de stylo-bille et ça n’a aucune importance.

Le camp de la vie c’est vachement mieux : là on croirait qu’elle est en train de s’éteindre mais tu parles : elle ne fait qu’entamer son gros roupillon automnal pour mieux péter la forme au printemps à venir. On tient le bon bout dès que les feuilles tombent. Entre-temps il est question de se la couler douce au terrier. Avec du café chaud et des tartines pour passer le temps agréablement. Offrir les miettes des croissants à la mésange sur le rebord de la fenêtre. Contempler la vigne vierge s’effeuillant lentement sur le mur de la vieille minoterie d’en face. Prendre plaisir à la musique cliquetante des doigts sur le clavier du petit ordinateur. Rêvasser en attendant Godot…

…e la nave va…

Publié dans Binosophie | Mots-clefs : , , , , | 4915 commentaires

Comité d’accueil

Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2015

Le jour qui s’annonce est un grand jour : notre petit quartier de la Pétaudière dans les bas de Puycity, s’apprête à accueillir un nouvel arrivant. Événement rare et remarquable, car les cœurs de nos vieux bourgs ont tant besoin de sentir pulser du sang frais dans leurs vieilles artérioles que sont ses venelles. Pour l’occasion le conseil municipal a nommé une espèce de recoin vague en y clouant une plaque de rue. Car nous ne faisons pas les choses à moitié : tout nouvel arrivant a droit à sa rue personnelle, ici. Tradition surgie du néant et bien plaisante, ma foi.

Déjà, les cancans vont bon train : l’Apache ne pipe toujours pas mot en arpentant notre ruelle, mais son silence en dit long sur le nouvel arrivant. Tout semble soudain si inhabituel : la femme du boulanger tire plus nerveusement sur sa cigarette qu’à l’ordinaire, à sa fenêtre après le déjeuner. Hier, son bonhomme a embauché un poil en retard à trois heures du mat’ en maugréant, mais il m’a tout de même salué de la main en pressant le pas. La Moutche a croqué deux souris sous la table en bois d’arbre, au lieu de l’unique qu’elle me ramène chaque soir. L’autan nous a poussé quelques gouttes de pluie : c’est un signe. S’ajoutant à d’autres bons signes. Car le nouvel arrivant est un bon arrivant : sa venue nous comblera d’aise comme je l’espère de tout mon cœur, notre chouette petit quartier aura l’heur de lui plaire. Le comité d’accueil au grand complet se tient sur le pied de paix ;-)

 

La Moutche et sa souris vespérale - © Cyprien Luraghi 2015

e la nave va

 

Publié dans Déconnologie, Humain | Mots-clefs : , , , , , , | 3833 commentaires
Aller à la barre d’outils