Archives par mois : juillet 2015

Disparition mariale

Sur les hauts de la vallée de Langtang - Népal - Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 1986-2015

*

J’apparais.
Il se passe des tas de choses.
Et puis, sortie de scène.


Ça dure un temps. Entre un claquement de doigts et une vie, selon l’échelle. Et c’est pareil pour tout le monde. Ça n’a rien de miraculeux, et pourtant. Ça en a toutes les apparences, mais. C’est un phénomène bien réel. Là-haut il n’y a pas de statue de sainte vierge, mais moi seul. Au sommet de ma gloire. À des milles au dessus de l’océan, loin. Le monde en dessous. Les ultimes buissons et le vent.

Claquant aux tympans.

*

Publié dans Himal, Humain, Népal, Tout court | Mots-clefs : , , , | 3893 commentaires

Les carottes sont crues

Illustration © Cyprien Luraghi - ICYP - 2015

Ceci n’est pas un billet d’humeur désabusède. Ni un billet d’humeur tout court. Il est prévu que j’y parle de la canicule et de la Grèce. C’est chose faite. Je ne tenais pas particulièrement à traiter des deux sujets évoqués car quand la population souffre ou s’échauffe et pas moi, l’exhibition de mon petit bonheur pourrait navrer l’opinion. Qui se bat courageusement contre des conditions insoutenables alors que pas moi. Pas question de saper le moral des troupes et encore moins d’avoir ça sur la conscience ; donc je serai positif et vitaminé dans ce billet. Le positivisme vitaminé sauvera l’humanité qui, il faut bien le dire tout de même, est mal barrée. Et ce n’est pas être désabusède que de le dire. Mais à le constater, si. Comment ne pas le voir : nous allons droit dans le mur, sans freins. Et là il n’y a pas trente-six manières de réagir : hurler de terreur, s’indigner en poussant les hauts cris, serrer les poings pour casser le mur − et se les briser dessus inévitablement −, devenir désabusède en espérant que l’entrée en mur sera moins douloureuse, ou pratiquer le positivisme vitaminé. Consistant par exemple en l’accrochage d’une œuvre d’art au mur. Une œuvre distrayante, tant qu’à faire. Et vitaminée. Garantie sans trace de désabusement. Une œuvre reflétant fidèlement la réalité, tout en y ajoutant une touche de magie artistique. À dévorer des yeux et plus, immodérément. Et faire que le rêve se confonde avec la réalité. Songe d’un choc amorti tout en douceur contre un mur aussi immatériel que le reflet d’une toile peinte. Le kief.

Rien n’est perdu je vous le dis. Ne flippez pas, les aminches : les carottes ne sont pas cuites !

…e la nave va…

 

Publié dans Déconnologie, Édits Vespéraux | Mots-clefs : , , , , , , | 2831 commentaires
Aller à la barre d’outils