Archives par mois : juin 2015

Qui aime bien charrie bien

Illustration de Pierre Auclerc © ICYP 2015Salut le monde ! J’étais barré à pondre un laïus pénible à propos de cette fameuse révolution numérique[1] dont la presse en ligne et la radio font leurs choux gras depuis quelque temps. Et puis après avoir aligné quelques centaines de mots, j’ai tout foutu à la benne. C’était chiant. Causer d’un truc chiant produit des billets moroses, or l’humeur est comme le temps de ces premiers jours d’été : au beau fixe et toute pimpante.

Bien. Mais comment pondre un billet poilant avec une illustration prévue pour un billet chiant ? Parce qu’avec la température j’ai chopé la flemme et pas la moindre envie d’aller éplucher la photothèque pour en dégoter une qui irait bien avec cette nouvelle version du nouveau billet. Elle n’est pourtant pas triste, cette fleur. Mais justement : elle était destinée à faire contraste avec le texte morose que je viens de balancer à la déchette. J’aime bien quand l’illustration contrebalance le blabla écrit dessous, en général. Ou quand il faut vraiment se creuser la nénette pour trouver son rapport avec ledit blabla. Il y en a toujours un, qui vient souvent en cours de route. C’est d’ailleurs ce que je suis en train de faire en me triturant les méninges, là. D’où l’envie de café qui se fait pressante. Mais si je lâche le clavier c’est kaput. Heureusement, à cette heure le téléphone ne sonne que rarement parce que cet instrument est comme la cafetière : il faut aller s’en occuper sinon il ne se passe rien et la soif augmente au fil des mots : un peu de souffrance bien tempérée sied au claviste reproduisant les contes de sa cervelle, c’est bien connu. Mais chiant. Le folklore entourant les scripteurs est d’un con, vraiment. C’est à croire que les lecteurs ont envie qu’on souffre.

Vous vous foutez de moi, bande de bande, avouez…

…e la nave va…

  1. Que j’appelle « Révo. Num. » par allusion à la fameuse Révo. cul. dans la Chine Pop. []
Publié dans Déconnologie, Fabrication | Mots-clefs : , , | 3936 commentaires

Crapaud à lunettes

Photographie © Pierre Auclerc - tritouillage : Cyprien Luraghi 2015 - ICYP

*

Bientôt les crapoussins.

En attendant ces avènements

il convient de rester

de pierre.

De s’ébattre en catimini,

de nuit par temps de pluie.

Froide aux premiers dégels.

Amoureux tapis fourrant dans les fourrés.

Goupillant des coups fourrés.

*

Un jour j’ai eu des lunettes, il y a si longtemps que je ne me souviens plus de la scène. J’étais vraiment tout petit. Le flou avant les lunettes je m’en rappelle nettement, par contre. Autour de moi tout était ouate. C’est comme ça que j’ai appris à aimer les toutes petites choses : celles-là je les voyais bien. Pas besoin de loupe. Avec les lunettes en plus, le vaste monde avait un horizon. Le luxe. Évidemment à l’école j’étais le crapaud à lunettes de service. Ça les faisait rigoler de me sortir cette expression à tout bout de champ. Je rigolais de concert avec ces petits cons : c’est tellement bon de rire et toute occasion de le faire est bonne à prendre. J’avais sans doute l’air ridicule avec mes gros carreaux mais tu parles comment que je m’en foutais : elles étaient tellement magiques, ces lunettes qui faisaient le monde si chouette à voir. Et rutilant.

…e la nave va…

Publié dans Déconnologie, Humain, Tout court | Mots-clefs : , , , , , | 4499 commentaires
Aller à la barre d’outils