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Samedi 12 Baisakh 2072

Népal - Swayambunath © Cyprien Luraghi 2007-2015Le samedi est le seul jour férié de la semaine au Népal. Il est aussi considéré comme un jour néfaste et ce samedi 25 avril 2015 l’était vraiment.

12 Baisakh 2072 de l’ère vikram sambat,[1] le soleil au mitan, tout le monde aux champs où à bader dans les venelles et sous la croûte un monstre géant s’ébroue comme piqué par une bestiole : ça craque aux entournures tant l’ossature du titan durant les quatre-vingts ans qu’aura duré son roupillon, s’est ankylosée.

Le rapace ne se posera pas sur le fil aux drapeaux de prières à Swayambunath. Les enfants n’iront pas à l’école demain ni les jours suivants, ce samedi maudit durera des mois et le monstre souterrain n’en saura rien, reparti pour une longue et douce nuit, ignorant qu’en aplatissant son insecte piqueur il aplatissait un quart du pays au dessus  de son baldaquin du plat de la main.

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Honneur à celles et ceux qui viennent en aide, gloire et courage aux survivants, paix aux défunts. Jaï Népal !

 …e la nave va…

  1. Une variante du calendrier hindou, en usage officiel au Népal. []
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Troubles mentors

Illustration © Pierre Auclerc 2013 - ICYPHou putain c’est sinistre ! C’est le FLIP. On est espionnés par tous les trous. Le moindre de nos octets est capté à la volée. On nous sonorise jusque dans les chiottes. Des agents douteux nous suivent à la trace. On a beau se claquemurer, le moindre frémissement de nos vibrisses est analysé par des ondes dont le commun des mortels n’a pas idée, et que la Science peine à découvrir.

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Enfin c’est le flip pour ceux qui pensent comme dans le premier paragraphe, ou des qui s’imaginent vivre dans l’illustration de ce billet, tritouillée par l’ami Pierrot avec sa petite souris. Vu que nous autres icy ça va plutôt pas mal, je le dis tout net. Quand on chasse le spleen, il ne revient pas au galop : on se l’est bouffé tout cru en cours de route, avec une petite salade du jardin conquise de haute lutte sur les limaces gluantes.

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Quelques nouvelles de notre petit navire, donc. Dans la salle des machines, notre bonne fée mécano − Lady − nous a tricoté un moteur de recherche entièrement autonome basé sur Elasticsearch qu’il lui a fallu adapter à l’usage particulier de l’Icyp, à savoir que tout y est orienté sur le système de commentaires : ça n’a pas été une mince affaire et elle s’en est dépatouillé avec brio. C’était indispensable : l’Icyp ne dépend que de lui-même et n’est relié à aucun réseau. Comme tous les fils de discussion − y compris les plus anciens − restent ouverts en permanence, ça nous permet de retrouver n’importe quel sujet en quelques secondes et de le remettre sur la grande table en bois d’arbre ou d’aller papoter sous d’antiques billets. Bref : ça fait circuler le sang de l’Icyp et jamais je ne saurais remercier assez notre Lady de nous avoir offert ce cadeau impérial.

Du côté de l’équipage aussi, tout baigne dans l’huile : y a des petits nouveaux et des petites nouvelles. La moyenne d’âge a méchamment baissé et le cosmopolitisme s’est encore enrichi : le bugdet s’est pris une claque, le cirage à bites blanc étant hors de prix et le bizuteur en chef un gros sagouin qui en fout partout. Sans compter qu’à la cantine à part notre catholique pratiquante de service[1] embauchée pour respecter les quotas imposés par le Bureau, chacun chacune a ses tabous alimentaires pénibles bien que ces estomacs crient famine comme ceux des gens normaux.

Le bilan carbone de l’Icyp est toujours des plus lamentables : les déconnologues sillonnent la planète en tous sens dans des gros avions et leurs véhicules terrestres sont des poubelles à roulettes hors d’âge crachant le noir par le pot d’échappement ; et quand notre prophète bien aimé Numérosix traverse Paris sur son scooter, la ministre de la santé interdit les scooters dans les lieux publics par décret à effet immédiat.

Suite au crash du disque dur de notre serveur en décembre dernier, plusieurs parties internes de l’Icyp ont eu chaud, mais tout a été impeccablement récupéré et la réinstallation du système s’est faite sans problème en trois petits jours. La Cambuse est en cours de transfert dans les nuages, où ces données seront bien mieux abritées que sur un seul disque dur, cette pièce étant connue pour sa fâcheuse tendance à claquer dès qu’on la regarde un peu trop fort. Tout devrait être aux petits oignons dans les deux, trois semaines à venir.

Notre plan d’éradication mondiale des tristos et de leurs sinistres mentors peut donc continuer de plus belle : en avant, tchatche !

e la nave va…

  1. Hé oui : nous avons ça en stock aussi. []
Publié dans Déconnologie, Fabrication | Mots-clefs : , , , , , , | 2681 commentaires
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