Mystique gazeuse

Un ami que son épouse venait de plaquer après vingt ans de vie intensément commune pour un gourou lubrique, me demandait cet été : dis Cyp, pourquoi passé les quarante ans certaines femmes deviennent soudain mystiques gazeuses ? Je dois dire que son ex n’y avait pas été avec le dos de la petite cuiller : d’un coup d’un seul elle avait eu des visions mariales et dans la foulée s’était prise pour Marie Madeleine et son gourou métamorphosé en Jésus sexuel.

Je n’avais pas su quoi lui répondre sur le coup. Surtout qu’il était arrivé la même chose à la femme d’un de ses copains, quarantenaire elle aussi. Après deux saisons à potasser le sujet à fond les ballons en épluchant de vieux traités d’aliénistes sur le site de la BNF, j’en étais venu à la conclusion que l’équivalent du démon de midi pour les femmes pouvait être appelé démon de Jésus. Ça me faisait une belle jambe.

C’est l’époque qui veut ça et ça ne touche pas que les épouses quadragénaires des copains ni les femmes tout court, et ça ne se manifeste pas systématiquement de la même manière. Mais ça commence toujours un peu pareil : par des petits flips irraisonnés concomitants à un rut embrasant. Le tout débouchant sur une gazéification cérébrale engendrant visions marialoïdes et adhésion immédiate au premier gourou de passage. On retrouve cet état mystico-gazeux aussi bien chez les électrosensibles que les évangéliques et autres frappés charismatiques, kévins jihadistes acnéiques, soraliens adorateurs du grand Canapé rouge, sectateurs de l’Église de Googologie etc. et tout le kit qui va avec. Et même plus.

Tout ces mécanismes subtils que rien ne peut expliquer, ou qui lorsqu’ils le sont par la Science jargonnante, ne s’impriment pas sur les circuits de l’auditeur, faisant ainsi de lui un bon candidat à l’angoisse de l’inexpliqué. Favorisant ainsi le sentiment d’infériorité du client et puis sa soumission au supérieur planqué dans l’inexpliqué, l’implosion lente en soi et l’épaississement d’épiderme en carapace. Du dehors le jour ne se fait plus pour lui : tout alors provient de son dedans, sons et lumières, et d’un judas déformant il perçoit seulement son supérieur luisant à l’extérieur. Et là le sexe entre dans la danse et alors achtung.

Le spectacle vaut le coup d’œil, il convient juste de l’observer à bonne distance pour ne pas se laisser happer dans ce vortex.

Le mieux est d’en rire. On n’a jamais fait que ça icy, alors il n’y a pas de raison pour que ça ne continue pas.

[à suivre]

…e la nave va..

Notes :

  • Ceci est un « billet liseuse » qui s’écrit au jour le jour jusqu’à ce que j’en aie marre et passe au suivant.
  • De mai à décembre, l’Icyp a été totalement invisible à la surface du Web. Pendant ce temps la grande table en bois d’arbre de la Déconnologie n’a cessé d’alimenter les discussions et les estomacs de notre sacrée bande de joyeux convives.
  • De très nombreux billets ont été basculés en privé et ne sont donc plus accessibles qu’aux déconnologues inscrits sur l’Icyp.
  • Suite à la grosse panne de serveur récemment, il est possible que quelques fonctions déconnent encore un peu : patience, ça bosse dans la salle des machines.
Cet article a été publié dans Billet Liseuse, Binosophie, Déconnologie, Humain, Spectacle avec les mots-clefs : , , , . Bookmarker le permalien. Les trackbacks sont fermés, mais vous pouvez laisser un commentaire.
  • Il faut être inscrit et connecté pour accéder au système de commentaires et aux parties privées de l'Icyp.

Aller à la barre d’outils