Archives par mois : octobre 2012

Eighties

Olympe de Gouges dans La Fée electronique - © Nam June Paik 1989 - tritouillé par Cyp.

 

Je sais pas si vous avez remarqué, mais depuis que la société du spectacle de masse s’est imposée au monde occidental, il est des périodes régressives durant lesquelles on se plaît à faire un tour en arrière, de 20 ou 30 ans; enfin les tenants des rênes de la com’. La nostalgie, ça paye avec des générations vieillissantes et bankables. En ce moment, c’est les années 80 qui ont le vent en poupe comme pour le premier film que je vais évoquer. Je me garderais d’aller voir le navet français Stars 80, la bande annonce suffisant.

Affiche de Stars 80

 

Ted a été un immense succès outre-atlantique, un tabac inattendu. Comme en Plouquie l’offre cinématographique étant particulièrement pauvre cet automne et que j’avais vaguement entendu parler de cette comédie régressive – adjectif qui automatiquement a sur moi des effets attractifs – je profite d’un mercredi triste pour aller tester. Première surprise, je suis seul dans la salle obscure, visiblement le succès n’aurait pas traversé l’océan. Curieuse sensation que d’être l’unique spectateur…

L’histoire. John a 8 ans dans les 80’s, il n’ a pas de copain, seulement un ours en peluche, Ted, auquel il se confie et qui, par le miracle d’un voeu exaucé après le passage d’une étoile filante, va s’animer et devenir vivant. Ted et John se jurent fidélité. Saut dans le temps, de nos jours. John a 35 piges et fument des bangs avec Ted sur son canapé. Lori, sa chérie, en a assez de cette vie qui n’a pas des sens, à savoir sans le mariage et ce qui va avec. Pour John, c’est le dilemme…mais bon, il choisit la meuf et se sépare de Ted, enfin pas vraiment ; dès lors les séquences comiques, enfin propres à la comédie américaine s’enchaînent : affrontement de milieux sociaux différents, scènes conjugales et rabibochages, bagarre dans une chambre d’hôtel où tout doit être cassé, fête entre jeunes….

Bon, quand on parle de comédie régressive, on s’attend à du lourd, du pas très fin, du prout, du pipi-caca, du potache quoi. Ici, à part quelques dialogues arrachant un vague sourire et deux-trois situations gagesques, le film hésite constamment entre comédie romantique, comédie trash, étude de moeurs, hommage appuyé à une décade, voire même au film d’action et… à force d’hésiter n’aboutit à rien. Sinon à l’enfilage de scènes hyper référencés 80’s : Flash Gordon en vrai et en vieux, musique ringarde, expressions surannées, danses disconisantes et défonce à donf.

Pire, seul l’ours joue convenablement son rôle. Mark Wahlberg a un charisme de crustacé, toutes les filles sont des abruties ou des nunuches arriviste; le récit débute et finit comme un conte Disney niaiseux. Les quelques écarts de langage et de situations, genre une fille a chié sur le parquet, comme ça, gratuitement, ne sauvent pas cette bande bien terne au pseudo-second degré même pas assumé.

Affiche de Ted

 

Les années 80, c’est cinématographiquement Maniac. Le film de William Lustig est un condensé du slasher urbain nauséeux et délétère. Son slogan : « Je vous avais dit de ne pas sortir ce soir ». L’histoire. Elle est vachement chiadée, un tueur en série hante New York la nuit et tue à l’arme blanche plutôt des filles, mais pas que. Il les scalpe et place méticuleusement les chevelures sur des mannequins qui hantent son taudis. Psychanalyse de bazar – ah ces mères autoritaires ! -, solitude urbaine, moiteur suintant des pores de Joe Spinell – inquiétant – et des murs sales d’une ville sans âme, absence de suspense quant au dénouement.

Affiche de Maniac

 

C’est hésitant, mal filmé, surjoué, plein d’erreurs et de faux raccords ; la perche du preneur de son se repère à quelques reprises, ce qui relativise la dramaturgie du moment, par exemple. Pourtant, la liberté de ton, le côté bouts de ficelle, l’agressivité et le péssimisme ambiant sont symptomatiques de ce genre à cette époque, qui donnera un chef d’oeuvre – Henry, portrait of a serial killer – ; pas d’humour noir, ni de références amusantes, du brut, du direct, du sang, des couteaux.

Affiche de Henry, portrait d'un serial killer

Mes 80’s vous paraîtrons peut-être bizarres. Ce que je sais, c’est qu’elles sont passées bien vite et que j’en retiens une sorte d’hymne funèbre : CLIC

 

E la nave va…

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Piquons à vif !

© Cyprien Luraghi 2012

 

Vu ce dont ces pourris se sont rendus coupables, faudrait te leur arracher les organes avec les dents, et puis te les couler lentement dans le béton et te les y laisser mariner jusqu’à ce qu’ils y claquent, en bloc. Après les avoir enduits de goudron puis saupoudrés de plumettes. Et poinçonnés à vif à l’Opinel king size. Tranchés façon jambon de Parme avec un couteau à beurre émoussé. 99 ans incompressibles à l’île du Diable, les fers aux pieds. Ou camisolés chimique à l’asile de fous à vie à se baver dessus, légumisés. Pilorisés sur l’internet à perpète. Livrés aux mouches. Jetés au tonneau à limaces après entartage aux clous rouillés. Et enfin leur décapiter la tête

C’est la première chose qui frappe sur les grands forums de l’internet : partout ce ne sont qu’appels à la mort et aux pires sévices, dans les commentaires. Les guillotines y sont bien engraissées et en pressant la sciure du plancher de ces échafauds et piloris modernes, le raisiné jute franchement, qui fournira le boudin poisseux dont la foule fera ses choux gras. 

C’est l’intérieur des tripes de cette multitude que je lis sur l’internet. Déballées sans vergogne sous couvert d’anonymat. J’adore. Quelle belle obscénité que voilà, et bien puante et fumante encore. Inutile de se crever le cul à dégoter un petit forum planqué, hanté de psychopathes thanatophiles : il suffit d’ouvrir n’importe quel quotidien régional ou national pour tomber dessus, pour peu que le sujet de l’article s’y prête − crimes sordides de toutes sortes − : ça gueule contre la lapidation des femmes dans les pays lointains, en vouant leurs bourreaux aux gémonies pour balancer ensuite le coupable préalablement tranché fin-fin dans la géhenne, de manière tout aussi sadique qu’icelui. Par exemple. 

Fascinant spectacle que celui de cette cette agora électrique transformée en place de Grève internationale. Étonnant grand-guignol gratis que cette brochettes de clients droits surgis de ces comptoirs en zinc d’autrefois, où pogromes et ratonnades en cancans allaient bon train tout en sirotant des blancs-cass’ : maintenant c’est tout un chacun qui y va de son petit jeu de massacre perso dans les catacombes du réseau à touches martelées de haine vengeresse, et le monde entier en profite. Étrons humains à masques de soie artificielle en plein rite sacrificiel après le turbin. Double peine capitale et exclusion définitive du circuit : si leur imagination morbide passait à l’action, notre planète bleue rougirait du sang de leurs victimes et les astronomes d’outre galaxie se gratteraient le crâne en apercevant cet étrange phénomène dans leurs lorgnettes. 

Bon : pendant ce temps-là ils font pas de bêtises, nos bourreaux de canapés. Les pédophiles satanistes de l’ultragauche barbue peuvent dormir sur leurs deux oreilles en rêvant à la commission de leurs prochains méfaits : les octets font tampon et rien de matériel, tranchant ou contondant, jamais, ne franchit la barrière des écrans. Seuls des petits grains de lumière colorée viennent frapper la rétine et se frayent leur chemin jusqu’à ma boîte à comprenette. Qui y trouve un plaisir joyeux sans cesse renouvelé ; la vision d’une vilaine troupe de méchants cuistres s’agitant en vain étant des plus distrayantes. 

Le problème sur l’Icyp, c’est que personne n’y souhaite jamais la mort de quiconque et que quand on y tranche des gens en rondelles, c’est pas pour de vrai. D’où le risque terrible de voir l’ennui mortel se pointer. 

C’est pourquoi en tant que Kondukator Kosmoplanétaire de la Déconnologie Pilotique (lamorillienne), je nomme Mon-Al bourrelle officielle à vie de l’Icyp : elle saura nous estrapasser nos condamnés après leur avoir fait cracher leurs aveux au concasseur à poulets,1 j’en suis certain.

Cet édit est dit et édicté et l’infaillibilité kondukatoriale étant ce qu’elle est, la séance est close. Et indiscutablement discutable, juste en dessous de ce billet.

 

En partant de ce commentaire de Homère sur le fil précédent : CLIC 

E la nave va… 

  1. …ou pire… []
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J’encule la liberté d’expression

Illustration © Pierre Auclerc 2011

L’autre soir on a frôlé l’irrémédiable en revenant de chez la tribu girondine dans la BX, Annie et moi. Dans le noir sous la branchure trempouille et glaciale de la forêt primitive du Périgord noir, cahotant sur les nids de poules profonds comme des lochs écossais, nos yeux scrutant le vide obscur de cette routelette ondulante paumée dans le vide effarant de la Plouquie Profonde peuplée d’aborigènes rares et frustes.

La bagnole d’en-face fonçait à tombeau ouvert quand, soudain, deux bêtes noires d’un calibre démesuré, couvertes de soies rêches, surgirent dans le pinceau blême et cru des lanternes de notre phaéton à michelins. Il s’en fallut de peu pour que le choc pliât notre caisse et nous envoie bouffer les pissenlits par la racine dans la glaise frigide. Seuls les réflexes en inox de la conductrice nous évitèrent le pire : son coup de volant salvateur mit fin à ma rêvasserie et mes yeux se retrouvèrent soudain en face de leurs trous respectifs, dans lesquels ils se lovèrent douillettement, ronronnant d’aise.

− Hé bé dis-donc : on l’a échappé belle !  Une fois de plus tu nous a sauvé la vie, o ma douce héroïne !

Ses beaux yeux lasers gris-bleus croisèrent les vieux miens, tout myopes, fermement engoncés dans leurs orbites désormais. Je frissonnai de l’échine, ému, transi, pantelant, le palpitant à 140.

***

Justement, j’étais en train de songeoter au sujet du billet que j’écris présentement, quand deux marcassins dodus ont déboulé, trottinant prestement sur le goudron. On ne roulait pas vite vu l’état de la départementale rapiécée, et la bagnole d’en-face itou.

Faut pas exagérer : au pire on aurait plié le pare-chocs et bouffé du sanglochon en daube. Mais quand on est entre deux comme je l’étais l’autre soir1 on voit tout en trop énorme, et déformé. Un peu comme les paranoïaques qui voient des ennemis imaginaires partout.

Comme ce petit faf repenti dont le témoignage publié dans Midi Libre qu’on peut lire ici : CLIC me trottait dans la tête, quand les sangliers ont surgi hors de la nuit dordognote. EulChe l’avait collé dans les commentaires du fil précédent et on en avait discuté à partir d’ici : CLIC. (Accessible uniquement aux membres de l’Icyp)

Le mec, il voyait des islamigrés partout, dans sa pauvre tête de sale petit con teigneux malade qui se fait chier dans son patelin de la mort à se pignoler le soir venu en rêvant à la fantasmatique gauloise de souche idéale qu’il ne tiendra jamais entre ses bras. Et à casser de l’Arabe à coups de pompes à clous avec ses copains. Et à faire des descentes en bande organisées sur les grands forums, peinardement, en niquant comme il le dit bien dans son interview, ces tristes cons de modérateurs gogols cramponnés à leurs chartes imbéciles : après avoir écrit cinq ans sur l’un d’entre eux − celui du magazine Ubu89 −, doté d’une telle charte de merde conçue par des biomormons psychorigides réacs malfaisants qui se la pètent, j’ai renoncé à tenter quoi que ce soit d’autre que de cracher mon mépris à la face de ces collabos des temps modernes comme je le fais maintenant.

Il n’y a rien à espérer d’un internet tenu par de tels débiles, pour qui la liberté d’expression se doit d’être absolue, pourvu que le néonazi ou assimilé, proférant les pires saloperies, le fasse en y mettant les formes. Les grands forums, c’est tout dans la forme et rien dans le fond du slip, sinon des traces douteuses dûment désodorisées.

Idem : Luc a collé un autre lien qui en dit long sur cette connerie de liberté d’expression hier, sur le fil… Dans cet article − CLIC − on lit qu’un épouvantable fumier à gueule de con tamponnée sur l’œuf postant des horreurs sur un forum de libre expression américain, s’est fait démasquer par un journaliste, au grand dam de la horde de petits cons ignares défendant cette fameuse liberté d’expression avec laquelle je me torche comme avec le drapeau d’un pays dont la devise nationale comporte elle aussi ce mot le plus dévoyé du monde : LIBERTÉ.

Ma liberté m’enjoint de boucler la gueule à ses ennemis, aussi j’encule la liberté d’expression des fafs, des nazis, des corbeaux de l’internet, des propagateurs d’idéologies mortifères, et je surencule (le Lexique de l’Icyp n’est accessible qu’aux membres insccrits) les modérateurs collaborationnistes, les patrons de plateformes d’hébergement de blogs de corbeaux pourris,2 les journalistes de la presse geek complices de ce sinistre état de fait et tous ceux qui les soutiennent, pauvres petits cons d’anonymous ridicules de mes couilles.

E la nave va !

  1. La digestion du poulet assoupit le consommateur : j’en suis un exemple vivant. []
  2. OverBlog, tout particulièrement ; lire ce billet. []
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Scène de chasse au royaume

Népal 1990 - © Cyprien Luraghi

Pas de lathis1  à l’horizon : on pouvait parler. C’était en février 1990 tout à l’Occident du Népal et j’étais le seul étranger à quarante jours de marche à la ronde. Un roi régnait, aimé de ses sujets et son portrait en compagnie de la reine ou pas, ornait les murs de tous les établissements publics. Ou presque : dans le bouiboui du monsieur sur la photo, il ne figurait nulle part. Un dortoir à coolies accoté au moulbhatto2 auprès de la rivière, au bas d’une vallée de misère, escale obligée entre deux bourgs à flanc de falaise. 

Tout allait bien à cette époque : les touristes blancs revenaient enchantés de leurs trois semaines de randonnée dans la moitié orientale du royaume, où les aborigènes pittoresques souriaient tout le temps. À l’Ouest la famine pouvait sévir tranquillement, loin des regards. Les cailloux dans les lentilles du cru m’y ont brisé quelques dents. Et, faute de combustible, tout voyageur y apprenait vite à croquer des nouilles crues ; heureux quand il en trouvait. 

La faim fait réfléchir. Qui dort dîne, c’est faux. La faim tiraille au cœur même de la nuit : impossible de fermer l’œil pour de bon, malheureux ventre creux sur sa natte. Un coolie mange trois fois par jour. Trois montagnes de riz arrosées d’un bouillon. Il porte lourd et mange son salaire. Mais il mange. Le paysan, lui, passe ses nuits à scruter le plafond à côté des jarres de grain qu’il devra donner au maître de la terre et de ses champs. 

L’aubergiste loge et nourrit les coolies qui, après s’être coltiné leurs soixante kilos de denrées à livrer aux épiceries, ronflent dur sous le toit. Un instituteur, furtif, vient se poser près des gamelles, frissonnant et se frottant les mains tendues vers les brandons. Il pose sa radio de poche à terre. 

La BBC annonce : « Hier, dans toute la vallée de Katmandou et dans les plaines du Téraï, d’immenses manifestations ont eu lieu, pour le rétablissement du pluripar­tisme au Népal. La police a ouvert le feu, tuant au moins douze personnes. La situation est très tendue dans tout le royaume… »

L’instituteur est en fuite : la chasse est ouverte et il est gibier déclaré nuisible par sa majesté. Les flics ont des instructions : ils ratissent et encagent dans les prisons délabrées des sous-préfectures ; tout ce qui pense : au trou. Sur tous les grands chemins c’est la battue. Le roi est aux abois. Mais ce soir on peut parler librement de la Révolution qui vient, et gronde comme le torrent à quelques pas. Entre rouges, traçant des plans sur la comète ; thé noir, escarbilles et tisons.

***

Maintenant. Le roi Birendra est mort il y a onze ans, assassiné par son fils au palais. Son abominable frangin lui a succédé, qui s’est fait détrôner par les maoïstes venus de l’Ouest lointain et famineux, renverser sa couronne en 2008 après treize ans de guérilla féroce. On ne meurt presque plus de faim dans l’ex royaume où c’est toujours un joyeux bordel pas possible depuis la nuit des temps. Les instituteurs peuvent se balader sans crainte d’être foutus au gnouf. Les maoïstes au pouvoir ne sont plus des maoïstes. Les lathis des flics s’abattent toujours de la même manière sur les côtelettes des manifestants. Qui grondent contre l’inflation galopante et les robinets d’où nulle eau ne s’écoule. Tout le monde peut faire grève librement. Et regarder les émissions à la con de la télé poubelle du cru. Et s’exciter comme des puces sur les forums de l’internet en rêvant d’une autre révolution qu’ils ne feront jamais ailleurs que dans leurs têtes.

Exactement comme ici. Partout. Pareil. Ou quasi.

E la nave va…

À lire sur l’Ici-Blog, deux billets se déroulant à la même époque et au même endroit : Noble gueux. Gueux noble.

  1. Se prononce « latté » : la longue matraque en bambou des flics népalais et indiens ; par extension le flic lui-même. []
  2. Un chemin-racine = un grand chemin. []
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La rage dedans

Illustration © EulChe - tritouillage : Cyp Luraghi 2012

Saloperies de bacilles : en terrain favorable ils prospèrent à ses dépens, en suçant tous les nutriments. Ils s’installent en terre conquise et si le propriétaire ne les en déloge pas promptement, ils vont jusqu’à lui pomper la moelle, le laissant sur le flanc. Il est dit qu’il faut prendre le mal à la racine sauf que là, c’est la racine qui est mal et enrage. Celle de la dent. Ma dent. Des animalcules y squattent indûment, boulottant à s’en faire éclater la sous-ventrière, tout leur saoul et se reproduisant pis que lapins, envahissant tout et laissant traîner leurs déchets derrière dans la pestilence. 

Saloperie de journée qu’ils m’ont fait passer, les staphylos dorés. La tête comme une pastèque, la chique et tous les désagréments y afférents. 

J’ai quand même eu un instant de remords, avant de gober la gélule d’antibiote : après tout nous ne somme qu’un amas de souches bactériennes acoquinées. J’ai lu ça dans les livres. J’aurais peut-être pas dû : maintenant le scrupule m’étreint. En les zigouillant, je porte atteinte à mon espèce. Ouais mais là ils exagèrent : pas possible d’accueillir toute la misère du monde. Le Blairostan aux Blairostanais

Un quota… en voilà une bonne idée : là je vote pour sans hésiter. Les bactéries utiles : oui. Celles qui font le bon fromage : bienvenue. Mais celles de la pulpite : go home ! Le vibrion putride assisté : no pasaran ! Nous exigeons du germe de souche !

Je n’ai pas hésité bien longtemps : juste le temps de trouver une justification valable au massacre en vue. C’est bien les antibiotes. Super efficace. Radical. J’ai eu bien fait de ne pas écouter mon Jiminy Cricket intérieur et d’endosser sans plus d’états d’âme, la tunique rêche du bactéricide. On s’y fait très vite, vous verrez… car en chacun de nous un génocidaire sommeille et il ne faut qu’un faible déclic pour nous rendre totalement amoks

En partant d’une idée de Marina sur le fil précédent : CLIC

E la nave va…

Publié dans Déconnologie | Mots-clefs : , , , | 1374 commentaires
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