Archives par mois : septembre 2012

Sans titre

Sans titre

Sans sujet, sans rien : vas-y coco, démerde-toi. Et puis, pour causer de quoi ? Du vieux monde qui n’en finit pas de crever en claquant du bec, du prix du litre de mazout, de la pénurie prévisible de savon d’Alep, des fuites dans la tuyauterie des ministères, des victimes de harcèlement sexuel ou pas, vraies ou fausses, du péril islamigré, de l’oncle Sam et de la tata qui pique, des grosses fesses des rupins saoudiens se dandinant dans les aéroports, des sales cons racistes couinant qu’ils sont mal aimés, des effets bénéfiques du maquereau sur la famine, du tourisme sexuel en Charente, du huitième épisode de la troisième saison, du dernier psychopathe à la mode, calamistré les yeux soulignés de khôl. Le regard perdu, les yeux roulant dans le vague du plafond peint coquille d’œuf, hagard dans un tribunal de Norvège, faraud et d’un con, mais d’un con… et puis qui disparaît des caméras soudainement ; seul reste le cri des acouphènes en suspens dans le fluide atmosphérique. Et des trous desquels le sang s’écoule, sur le gazon frais tondu ou le sable du Sahara du côté de Tombouctou et pas que : un peu partout c’est la même musique, cliquetis kalachnikov. Et puis de la cuisine au chat en Haïti aussi je pourrais parler dans ce billet mais ce sera pour un suivant : difficile de tout caser quand tout va à toute vapeur, lancé sur des rails patinés. De la castagne en Espagne : ça c’est un sujet bien saignant ; et des grillades grecques ou du régime crétois − bien que celui de Corée du Nord les batte à plate couture tous autant qu’ils sont. De quoi tu te plains ? Les petits Nord Coréens ils seraient bien contents de finir ton poisson pané. Ah oui il y a la Révolution aussi : en prévision de l’événement, j’ai fourré un bonnet phrygien en carton modèle Front de Gauche dans la boîte à gants de la bagnole, à côté de l’éthylotest obligatoire. On sait jamais, ça pourrait servir par les temps qui courent : les contrôles sont fréquents. La pompe à finances fonctionne à plein rendement. Je m’en rends bien compte en passant à la pompe et au tabac. Faut gueuler sinon ils ne nous entendront pas, tout là-haut. 

Alors je braille. À l’aveuglette.

En partant d’une idée de Hulk ici : CLIC… et en glanant des petits trucs ici et là sur le fil de discussion précédent…

E la nave va…

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C’était mieux avant

Ma pomme devant la plaque de la rue Boris Vian à Paris.

Quand j’ai vu la plaque, je me suis dit : oh putain… jusqu’au bout ils te le classeront paria, le père Boris, même overmort. La rue Vian à Paris, elle est pas possiblement moche. Elle renifle le vieux pissat de zombies élimés et le vomi demi-sec des sans toits qui dorment dans ses encoignures, furtifs, la nuit venue. 

C’est même pas une rue, celle qu’ils ont fourguée à Boris, mais de nos jours faut pas trop chercher à comprendre : le sens des mots est devenu imprécis et vague comme ce monde errant dans l’espace sans autres dieux que caricatures, ni but. C’est une espèce de volée de marches d’escaliers, la rue Vian. À quoi elle mène, et d’abord : à quoi ça rime tout ça : ces immeubles neufs et déjà branlants ; cette misère toute fraîche comme une couche de peinture sur une merde. Ce fumet de thénardier suintant par tous les pores du béton maigrelet. C’est ça, le XXIe siècle : du vieux pauvre qui pue, ripoliné. 

Je me souviens de notre ancien propriétaire qui répondait à chaque fois que je lui demandais : alors comment ça va ? Comme un vieux, ça va. Avec un air de chien battu, les yeux las. Il était comme ce nouveau siècle : triste à crever. Sans idée, sans rien dans le bel emballage : que de la poussière et cette odeur nitrée émanant des vieux bouquins qu’on ne lit jamais plus dans la bibliothèque. 

C’était mieux avant, tant qu’à faire : au moins les choses étaient claires. Y avait pas l’eau chaude au robinet, ni le RSA et pas d’assistantes sociales à l’horizon. Pas non plus de cellules psychologiques, ni d’internet. Pas de peinture fraîche tartinée sur la misère ; pas de rideaux masquant le vide constitué par une brochette d’avachis se gavant de télé poubelle et de cahuètes en commentant les actualités face à un écran coloré. 

C’était mieux avant parce que Boris Vian n’était pas une non-rue, mais un artiste vivant dont tout le monde se foutait bien en ce temps-là, sauf ses amis zazous. 

Je dédie ce billet à Michelle Vian et aux SDF de la rue Vian à Barbès. 

E la nave va…

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Idées grises

Cailloux arrangés par François Deloncle

C’est elles qui nous foutent tout en l’air, et les chocottes, et aussi nous rendent plus futés en cherchant à y échapper. Et là, tous les moyens sont bons. Avant qu’à force de broyer du noir elles nous fassent sombrer dans le trou sans lumière, proie des ombres pesantes.

***

Elles m’arrivent parfois comme à tout un chacun, bien entendu. Mais je me laisse pas faire. Ne jamais croire qui dit : c’est impossible d’y échapper ; tu n’y couperas pas. Mentalité de serf, ça. Et de nos jours l’auto-esclavage est très à la mode : partout je n’entends que jérémiades, lamentations et ego-apitoiement : l’indignation larmoyante remplit les unes des vilains canards de l’internet et les témoignages − plus bidons les uns que les autres − suscitent des masses d’émois imbéciles. On se croirait à la messe : le journaliste et le chroniqueur ont remplacé le curé en chaire, et ça nous serine du sermon lénifiant à longueur de tribunes.

Y en a ras le cul de ce macabre cinoche, je dis.  

Debout ! les damnés de la télé !
Debout ! les lapins de clapier !
La déraison secoue les canapés,
C’est l’évasion des lapins.

Être possédé par les idées grises, c’est l’assurance de devenir aussi gris, moche et creux qu’un parpaing. Aller de l’avant droit devant sans se soucier de l’impossible imposé par la norme des biomormons, qui sont mes ennemis jurés. 

En partant d’un commentaire de Konstadt sur le fil précédent : CLIC

Note : je ponds ce micro billet à l’arrache vu les circonstances : depuis une semaine j’effectue de très gros travaux dans le moteur de l’Icyp ; lire ici : CLIC. Les suivants seront plus roboratifs. 

Ouf… e la nave va !

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LA GRANDE MANIPE

Gujarat, Inde © Cyprien Luraghi 2012

Ça y est : l’Ici-Blog fend à nouveau les flots de l’océan Octétique. 

Un an tout rond il a attendu, après le Grand Transfert − lire le billet précédent. Et finalement la Grande Manipe que j’ai entreprise il y a quelques jours a réussi : tout est intact, fors quelques détails qui seront corrigés en cours de route. Tout n’est pas encore parfaitement fonctionnel : pas de panique, c’est normal. 

Le but était de créer la jonction entre ce bon vieil Ici-Blog et l’Icyp : ces deux-là sont indissociables. Et d’ouvrir toutes grandes les vannes du réseau : l’internet, c’est le lien, et tout sera lié plus que jamais avant, Ici. 

Je me roule une clope, file me préparer un café… e la nave va !

LES COMMENTAIRES DE CE BILLET SE TROUVENT ICI : CLIC ! [NVDF (Note Venue du Futur − 20 juin 2016) : le lien est mort vu que tous les commentaires ont été inclus à l’Icyp depuis)

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Pavé de viles intentions

Illustration de Pierre Auclerc - © 2012

Taper l’incruste, non.

Je passe.

J’avance à zéro kilomètre à l’heure par tous temps.

Tout le temps

Au paradis.

*

L’Icyp a un an

Tout rond. Là.

E la nave va…

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