Archives par mois : février 2012

Nihil obstat et tutti quantique

Ah : ça ira !.. et même que ça y va déjà. Pas gaiement ceci dit, mais ça y va. Opiniâtres comme des constipations, les militants de tous les camps se foutent sur la gueule et ça ira crescendo jusqu’au mois de mai et même encore après ; pas plus tard que juillet : les vacances sont Léthé pour la population. 

Et ça remettra ça sur le gaz à la chute des feuilles et pour dix mille ans la même ritournelle : depuis que le singe a fait ses humanités ça n’a fait qu’y aller et ça y va, ça y va. À la lanterne ou au rasoir national, au pilori, à l’échafaud ; et ça se grogne à la face car tout un chacun la détient, la clé d’un avenir meilleur et du régime miracle qui fera de vous tout ce dont vous rêviez, tout petitous. 

Putain d’ambiance délétère ces derniers temps : ça sent la campagne, mais pas la bouse de vache fraîche et le lilas : remugles de lisier de porcs de batterie qui nous assaillent les narines. C’est moche et ça pue ce qui se passe en cette campagne, du moins pour ceux qui sont dans l’arène : moi je croque des noix de cajou en sirotant du café : effarant spectacle que celui des militants de tous les bords à la foire d’empoigne sur les forums de l’internet. C’est pas nouveau vous me direz, mais là c’est spécial : autrefois les choses étaient simples et tranchées : le communiste était un vrai coco rouge jusqu’à la moelle par exemple ; le rose éléphantesque, le vert totalement viride et le bleu horizon. Alors que là c’est nettement moins net : les bruns eux-mêmes se parfument à la rose de supermarché pour tenter de masquer leur pestilence et les rouges ne savent tellement plus où ils en sont que nombre d’entre eux sont en train de sombrer dans les théories du complot. 

Un truc qui n’a pas changé : ils adorent toujours des idoles… elles-mêmes empreintes de cette puanteur confuse ; ainsi il y a quelques années nous avions dû nous farcir − je ne trouve pas d’autre mot  − les adorateurs d’une madone poitevine totalement neuneu : il ne fallait surtout pas les contredire sinon ils vous mordaient. Depuis, elle a disparu aux oubliettes et ses sectateurs se sont recasés là où ils pouvaient. Certains ont échoué chez Alain Soral1 : une crèmerie taillée sur mesure pour ces gogols malveillants. 

Cette année on a droit à un déferlement de sectateurs de Le Pen et Mélenchon sur les forums : les sarkozystes se tiennent à carreau en mouillant dans leurs frocs, songeant douloureusement à la mornifle nationale que leur gniaf va se manger de plein fouet en pleine gueule en mai et les socialos attendent paisiblement la victoire de leur placide calife au regard si doux. 

Comme dit, je m’en fous pas mal de ce spectacle : comme pas mal de monde, seul m’importe que le gniaf soit éjecté : après cinq ans de ses saloperies, ça ne pourra qu’assainir l’air pollué par ses miasmes. Or donc après avoir hésité un temps je me suis décidé à voter Goudamou2 ce coup-ci et aux deux tours. Il est le meilleur bouteur en lice, déjà, et il n’est visiblement pas affligé des tares rédhibitoires de son prédécesseur. Et comme je n’en attends rien du tout, je ne risque pas d’être déçu. 

Après on pourra discuter de tel ou tel détail tranquillement, parce que dans le monde actuel on ne peut pas faire plus. Mais ça, les idolâtres ne veulent pas en entendre parler : pour eux la Révolution est en vue. Quels cons, vraiment. 

Les uns croient qu’en votant Murène Lapine ils seront débarrassés des bougnoules et par conséquent de tous leurs problèmes. Quels sales gros cons, ceux-là. Mais on peut difficilement s’attendre à plus subtil raisonnement, venant du parti de la Collaboration. 

Les autres croient, eux, que c’est sous la houlette testostéronée de Mélenchon que le grand capital sera anéanti et que tout le monde il sera bien dans ses baskets. Pourquoi pas : après tout le vieux monde tremblote sur ses bases et ça chie pas mal dans la colle en Grèce et ailleurs. Vu de l’extérieur c’est assez apocalyptique comme tableau. Sans doute moins, vu de l’intérieur : c’est un système démentiel qui avance sans but à toute berzingue vers le grand n’importe quoi, mais c’est du costaud. 

Là il ne s’agit plus comme au bon vieux temps, de lever le poing en scandant des slogans, de brûler des palais et de faire rouler des têtes dans la sciure. Fini tout ça : du passé table rase a été faite et le présent a très bien repoussé dessus depuis, tel du chiendent. Aucune technique éprouvée ne parviendra à révolutionner le gloubiboulga planétaire actuel : ce n’est pas en touillant du mauvais brouet qu’on en fera de la bonne soupe. 

Allez dire ça à un ardent supporter de Mélenchon ces jours-ci sur un forum : il vous mordra. Mieux : il vous traitera tour à tout ou en bloc de suppôt du grand capital, de jaune, social-traître, et tout ce qui lui tombera sous la main. Faut surtout pas leur casser leur icône à ceux-là, parce que ça brise leurs illusions dans la foulée. Personnellement je n’aime pas du tout la personne de Mélenchon : ayant pas mal traîné mes guêtres au Népal dans le temps, je trouve sa position sur le Tibet parfaitement dégueulasse : lisez cet article de Pierre Haski sur Rue893 : CLIC  et la diatribe particulièrement débile du camarade Merluchon sur son blog en 2008 : CLIC. Mais bon : en matière de sale connerie il n’arrive pas à la cheville des fumiers du camp d’en face. Faut lui laisser ça même si au bout du compte ça n’aboutira à rien du tout. Comme d’hab’. 

Sur un forum, il est rigoureusement impossible de discuter avec un mélenchonniste : ces gens-là ont leurs opinions coulées dans du béton vibré et le simple fait d’exister leur fait cracher le mot : nihiliste !

Ils savent pas trop ce que ça veut dire mais ça la fout bien : nihiliste ! Je ne saurais compter le nombre de fois où ces connards m’ont traité de nihiliste, tellement ça glaviotait dru tout récemment. Alors soit : je veux bien être un nihiliste ; s’ils le disent tous c’est que ça doit être vrai. Après tout il y a quelques années les mêmes gogols pas finis me traitaient d’anarchiste de droite

Un nihiliste selon leur fruste définition qui n’est pas celle de l’encyclopédie, est un défaitiste, un qui ne croit à rien, un démissionnaire désabusé cynique et une espèce de beauf girouette en prime. Car seuls les mélenchonnistes détiennent la Vérité VRAIE4 et des chevilles de douze bornes de circonférence. 

J’avoue ne détenir aucune vérité sinon que c’est VRAI que je me marre comme une baleine en lisant ces foutriquets antipathiques et visqueux. Le nihiliste que je suis les emmerde correctement : vous en connaissez beaucoup, des nihilistes ravis du spectacle présent et qui croit que l’AQM − l’Accident Quantique Majeur5 − qui vient fera le job mieux que cent mille Mélenchon postillonnant dans le micro ?

Pour conclure, je vous livre en pâture l’extrait d’un commentaire publié par Charles Mouloud hier soir : il est le reflet de la mocheté intérieure de ces gens-là… et aussi d’une irrésistible drôlerie involontaire ; enjoy :

Là, je rigole doucement, en voyant la cohorte de cette cour des miracles, encline à pourfendre les défauts de Mélenchon ( qui en a de sévères ! ), en taxant de tous les noms ses soutiens, et qui vont aller par vote « révolutionnaire » ( si, si, ce sont des gens de convictions ! ), bourrer l’urne de Hollande par deux fois.
Ils sont situationnistes ou nihilistes le matin, anti fafs l’après midi, écolos de comptoir à l’apéro et anti Mélenchon le soir.
Ils ne votent pas Chirac contre Le Pen, mais pour faire barrage à Sarko, bénissent Hollande deux fois.
De vrais dialecticiens !

Ici : CLIC

E la nave va, camarades !

  1. Ceux qui ont connu l’ex blog de campagne de DSK aux alentours de 2006 se souviennent sûrement d’un « Asse42 » fervent dévot de Royal ; voici où il en est rendu de nos jours sur son nouveau blog : CLIC []
  2. François Hollande. []
  3. Qui n’était pas encore devenu Ubu89. []
  4. Les majuscules font allusion à ce billet du Yéti : CLIC []
  5. © Numérosix []
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Semper biroute

Sujet pas facile. J’aurais mieux fait de prendre au vol celui que Mon-Al me proposait sur le fil de discussion précédent : le printemps qui pointe son nez. Je me méfie toujours des faux départs du printemps, alors comme une nouille j’ai sauté sur le commentaire de Miss Peggy juste en dessous : l’éternel masculin. La galère maudite : faut vraiment être un mec plein de couilles pour y aller comme ça sans réfléchir, juste pour la frime : je VAIS le faire. Il ne sera pas dit que je ne relèverai pas ce défi au débotté : cette nuit je pondrai un article traitant de ce putain d’éternel masculin, ouais !

Quel con. Non mais quel con. Je sais pas quoi écrire, là… Mone et la Miss affirment qu’il y a un éternel féminin, mais la seconde est dubitative quant au masculin. Et il faut que j’écrive à propos d’un éternel inexistant : seul un con de mec peut se lancer dans pareille aventure. Banzaï, Cyp ! au casse-pipe en piqué : écartez-vous que je m’écrase tranquillou sur le rebord du caniveau ! 

Chevalier du n’importe quoi, le bonhomme. Dans la boue glacée jusqu’à la taille il se bat, le gazier. Jusqu’à clamser comme un con pour l’honneur ou autre connerie typiquement de bonhomme. Aucune femme au monde ne serait assez jetée pour en faire autant. Ou alors Jeanne d’Arc :  elle en tenait une couche épaisse comme du lard de sumotori, faut dire. 

Les filles n’aiment pas leur éternel féminin : c’est elles qui disent, pas moi parce que j’ignore tout de ces choses-là : bien que dépourvus d’éternel masculin, tous les mâles savent ça depuis la nuit des temps. Nous, on est peinards : pas d’embarras périodique à propos de notre éternel inexistant : ça ne nous tracasse pas comme ça le fait pour le camp d’en face. Et si par extraordinaire l’un d’entre nous commence à gamberger sur ces choses, ça ne fait pas un pli : soit c’est un pédé, soit il se fait traiter comme tel. 

Pourtant j’avoue y réfléchir parfois, bien que la vue d’un mec à poil ou pas, ou sans, me laisse froid comme un colin mayonnaise. Alors que la vue d’une morue velue ne me laisse pas indifférent, pas plus que celle d’une tanche hirsute et butée : dans ces deux cas je comprends bien que les femmes en aient jusque là de leur éternel féminin, à cause de ces poisses qui leur sont de sacrés boulets.

Car non seulement l’éternel féminin est la maternité éternelle, la douceur madonesque, la fécondité mythique, la douceur, la beauté, la candeur, le sein nourrissier,1 mais en plus c’est comme ça tout le temps quoi et qu’elles fassent : la moderne hygiène émulsifiante des mœurs n’y fait rien : malgré l’osmose métrosexuelle, le mâle en elles passe mal. Alors que le femelle pénètre nos fibres les plus intimes en moins de temps que de l’eau tiède file au cœur d’une éponge gratteuse.

C’est toujours l’homme qui a dessiné la femme et pas le contraire2 : rien n’est plus faux. Nous les hommes, on ne dessine pas la moindre femme : c’est leur éternel féminin qui leur fait penser ça. On est bien trop feignasses pour faire ce genre de choses. Les filles se débrouillent très bien sans nous. Qu’elles disent. 

E la nave va…

  1.  Extrait de ce commentaire de Miss Peggy : CLIC []
  2. Ibid.  []
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Le point de dégelée

 

Ça se craquelle sous la semelle et fond entre les doigts : ronces et chênes feuillés secs tête baissée dans le bois, j’avance en n’y voyant goutte lunettes embuées et branches qui dégouttent. 

Sur le pré passé la lisière c’est débâcle et gadoue au programme. Après m’être copieusement gelé les arpions je suis partant pour la glissade sous le fade soleil de pluviôse  : le grand bon vent d’autan va nous sécher tout ça en moins de quatre jours d’ici peu et il en profitera pour chasser les miasmes élyséens, au temps des cerises. 

Le temps est venu de tomber les caleçons longs et les sales cons dans la foulée, camarades !

E la nave va…

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ÉTUDE DE CAS

 

 

Mesdames et Messieurs

Merci de votre présence à cette séance de travail.

Je me propose aujourd’hui d’analyser le cas d’un de mes patients, Monsieur Nicolas S. (Président de la République)

Dans le cadre d’une interview accordée au Figaro Magazine le samedi 11 février, Nicolas S. exprime sa volonté de limiter le rapprochement familial des étrangers conjoints de français en imposant des critères de revenus.
Une telle proposition ne manque pas de nous interpeller quelque part© : en quoi le revenu serait-il un gage de sincérité, d’amour et de solidité de la relation conjugale ??

À défaut d’y trouver une logique affective ou d’utilité économique ou sociale, force est de constater que seul un examen attentif et approfondi du fonctionnement socio-affectif du sujet, ainsi que de son histoire familiale, est à même de rendre compte de la complexité du processus mental ayant abouti à ce comportement.

 

Je ne trahirai pas le secret professionnel (puisque les informations sont de notoriété publique) en vous rappelant que Nicolas S. lui même est l’enfant légitime d’une Française et d’un immigré Hongrois. Malheureusement cette union ne dura pas, et le petit Nicolas souffrira toute son enfance de cette situation.

Ainsi ce lourd passé familial, bien que lointain et donc situé en dehors du champ de la remémorance consciente, s’exprime néanmoins par des pulsions enfouies mais prégnantes.
Notre sujet-patient (quoiqu’agité) , confronté dans sa petite enfance à l’image d’un père immigré vivant aux crochets d’une mère qui, quoi que Française, ne justifiait pas d’une souche ancestrale suffisamment profonde pour écarter tout soupçon de cosmopolitisme sournois, a développé des comportements d’attirance-répulsion vis a vis des situations semblables à la sienne.

Cette tache originelle amène Nicolas, par un mécanisme psychique classique bien décrit dans la littérature, à développer en réaction des comportements de rejet de ce passé encombrant, entachés d’une culpabilité angoissante se manifestant classiquement par des troubles du comportement eux aussi bien connus: instabilité posturale, irritabilité, agressivité, complexe de supériorité toute-puissante, etc….
Encore aujourd’hui, malgré tous les efforts du sujet pour enfouir ces pulsions sous l’apparence d’un humanisme de façade se manifestant par des poussées verbales de défense de la démocratie aussitôt contredites dans les faits, son inconscient reptilien, donc, lui dicte ses actes manqués (et il en manque beaucoup) révélateurs de son moi profond.
Ainsi ce dernier épisode de bouffée maniaco-dépressive: même un interne de 1ère année de psychiatrie verra clairement dans cette mesure la tentative inconsciente du sujet d’étouffer à la source tout rappel de sa douleur profonde et fondatrice.
Cet être en souffrance a un urgent besoin de repos auprès de sa famille pour essayer (si c’est encore possible) de résoudre ses conflits intérieurs et d’accéder enfin à la sérénité.

Bien sûr, Nicolas n’est pas en état psychique dans l’instant pour réaliser la gravité de son état. Il lui faut une aide extérieure.
Je suggère donc aux Français de lui apporter une aide massive en Mai prochain: le délivrer de ses préoccupations professionnelles (qu’il n’aurait d’ailleurs jamais fallu lui confier compte tenu de son état).
Français, votez pour qui vous voulez, mais par charité et dans l’interêt même du patient, ne votez pas pour lui.

Docteur Tigerbill
Polito-Psychiatre 
Directeur de l’Unité Spécialisée de soins intensifs pour polyhandicapés de la Puissance Publique

[Note du konduk’ de service : l’idée de départ de cet article provient du fil de discussion précédent, à partir d’ici : CLIC]

E la nave va…

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On vous aura prévenus


Pelés. Épluchés jusqu’au trognon par la caillante sévère de ces derniers jours, nous sommes : c’était tout aussi prévisible que l’éjection magistrale du gniaf au mois de mai et le litre de mazout à un euro. 

Or comme me l’écrivait Miss Peggy sur le fil précédent

« On vous aura prévenu » , comme y dit tout le temps numéro[six] pour le froid toussa, je trouvais que ça avait de l’allure, ce n’est qu’un début, continue le combat.
Sinon, tu proposes un début à chaque déconno, et chacun mon tour on fait une suite, et tu fais l’assembleur génial, le démiurge stakhanoviste… enfin, je sais pas quoi

Miss Peggy ne sait pas, et moi faut que je sache : c’est ça le truc quand on est comme moi le konduk’ de service de l’Icyp. C’est-à-dire le serveur du serveur : rude vie que celle d’un kondukator de pacotille je vous assure ;-)

Proposer un début à chaque déconnologue distingué… ouais ouais ouais… ça en fait des débuts, mine de rien. Assembleur génial je veux bien − trop facile − mais démiurge stakhanoviste par -14°C au dehors et 15 à la cambuse de la Maison de l’Horreur et à des heures qu’ont pas de nom, c’est niet. 

J’ai donc décidé de simplifier à l’extrême, pour cause de bouts de doigts congelés : vous annoncez tout ce dont on nous avait prévenu et je continue à écrire ce billet au fur et à mesure de la causette. Simple et peu frigorifiant. Hors-sujets bienvenus. Allez hop !

***

DISTILLATION DES COMMENTAIRES (l’article proprement dit, donc) :

La prévention est de mise : il vaut mieux savoir que les histoires d’amour finissent mal avant de se lancer dans une telle aventure. Sortons couverts : caoutchouc et doudounes de rigueur… par les temps qui courent on ne sera jamais assez prévenus, ni par la météo nationale, ni par le ministère de l’Hygiène : des vibrions toxiques nous guettent au coin de la moindre venelle et dans le tunnel on peut trouver la mort comme la princesse de Galles.1 Ou la vie, comme celle de la princesse Giulia : car tout est planifié et rien n’est dû au hasard, les services du Palais étant d’une efficacité préventive remarquable. 

On a beau être avertis comme pas deux, rien ne laisse présager on ne sait pas quoi : ainsi nous errons dans un inconnu prévu par les clairvoyants ; inutile de tracer des plans sur la comète : elle pourrait très bien nous retomber sur la pastèque. Surtout qu’avec la crise il n’y a plus de plan, tellement les précédents ont été foireux : les banquiers ont tout intérêt à prévoir des sorties de crise en permanence, induisant une impermanence fort inquiétante. Et ils se plantent à tous les coups et nous plantant le nez dans le ruisseau, dans la foulée. 

Prévenir, c’est empêcher que quoi que ce soit d’inattendu advienne : c’est étouffer tout courage dans l’œuf et encourager pleutrerie, veulerie et acceptation du joug ; des fourches caudines sous lesquelles il conviendra de se plier, afin de juguler la crise. Qu’ils nous disent, les prédictateurs

Bref : nous voici prévenus et condamnés d’avance : c’est doublement peinant ; mais seulement si l’on croit aux courbes mathématiques comme aux apparitions mariales. Ce qui n’est pas mon cas et je l’espère : pas le vôtre non plus car il faut toujours se méfier de trop de prévenance : des fois qu’il y aurait mauvaise intention embusquée dans ce désir impérieux de vouloir ainsi nous surprotéger.

L’avenir n’appartient pas à ses geôliers.

***

COMMENTAIRES AYANT SERVI DE BASE À L’ARTICLE

Numérosix :

  • Les histoires d’amour finissent mal, en général.
  • La météo nous avait prévenu de la vague de froid une semaine avant. Donc on peut s’en plaindre mais pas s’en étonner. D’ailleurs peut-on encore s’étonner de ce qu’on nous prévoit a coup sûr ?

Hulk :

  • Carla Bruni allait avoir un bébé (ça fait bien deux ans qu’il nous avait prévenus).
  • Le score d’Éva Joly : 2%

Cyp :

  • En lisant le tout premier commentaire de l’inepte Brogilo sur Ubu89 en 2007, on était prévenu d’avance de sa cuistrerie intégrale : CLIC 
Homère :
  • Bossuet nous avait prévenu : « L’homme prévenu ne vous écoute pas, il est sourd ; la place est remplie, et la vérité n’en trouve plus. »
  • On nous avait bien prévenu qu’on allait en chier, et si j’aurais su, j’aurais pas prévenu.
  • Au début de la crise, tous mes amis banquiers disaient que c’était même pas vrai… en 2010, c’était déjà la fin de la crise selon eux.

Ginkoland :

  • Je suis venu, j’ai vu, je vous avais prévenu et si ça continue faudra qu’ça cesse !
Miss Peggy :
  • T’as prévenu et moi aussi : ça va chier, ça commence à bien froidre maintenant…
  • Je me disais là, c’est pas « on vous aura prévenus2 » ?
  • Les trucs les plus prévus, prévenus et prévisibles sont quand même les plus difficiles à esquiver comme les embouteillages, la mauvaise humeur du chef, les aggios du banquier, la retraite à 60 ans, un repas avec sa belle-mère, les poux à l’école, la crise d’adolescence de nos mioches, les délocalisations, la suppression d’un comm sur ubu_ç, la fin des ampoules traditionnelles, la prise de poids à l’arrêt du tabac, les colles à l’école, le papilloma virus, la perte du triple A, les chagrins d’amour, la mort, et c’est tout aussi insupportable que ce que l’on n’a pas vu venir, comme la dinde cramée dans le four, le sida, la vache folle, les tsunami, fukushima,la mort de Diana, le 11 septembre, et la rage de dent, les chagrins d’amour, la mort.
    Sauf les prophéties du Yéti qui n’adviennent jamais et nous font bien marrer.

 t0rdrelordre :

  • La mort de Diana. 
  • J’ai l’impression que l’on nous prévient souvent, pas pour nous alerter, mais pour nous faire accepter.
Tigerbill :
  • Moi, à part le soleil qui poudroie et le gnaf qui merdoie, je ne vois rien venir.
Mon-Al :
  • Prévenu, prévenu, ouais, sans doute, on est prévenu … mais pas toujours condamné ! Héhé …
Luc :
  • Un homme averti en vaut deux dit-on, et c’est pour ça qu’en Chine ils sont si nombreux.. car ils passent leurs temps à s’avertir ou à se prévenir, au choix….

ARTICLE  RÉDIGÉ EN DIRECT-LIVE du 10 au 12 février

E la nave va…
En ligne et à l’œil… 

  1. Sauf que nous, on verra le bout du tunnel. []
  2. La question du « s » ou pas à la fin de « prévenu » est épineuse. []
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