Archives par mois : août 2011

ICI L’ICYP

Illustration : le trackpoint de mon Thinkpad x60s, avec lequel je fabrique l'Ici-Blog © Cyp Luraghi 201

Ça va déménager ; ça sent le déménagement d’ailleurs.

Le petit mais vaillant serveur à partir duquel l’Ici-Blog émet depuis trois ans est saturé. Alors tel un bernard-l’hermite, il a cherché une coquille plus balèze pour être plus à l’aise et l’a trouvée. La Déconnologie Pilotique© (lamorillienne) va pouvoir s’éclater le beignet comme jamais et propager son idéologie vivifère de manière implacable.

Pour faire simple, on va passer du fardier de Cugnot à la Jamais contente[1] . Le pas simple, c’est moi qui me le tape du bout des doigts sur le petit IBM, dans la cambuse de la Maison de l’Horreur en écoutant de la musique de sauvages[2] : une chiée de code informatique et de tripatouillages techniques hautement inintéressants, mais nécessaires à la bonne marche de notre petit bolide.

Soyez rassérénés : L’Ici-Blog restera l’Ici-Blog. Avec son kondukator, son prophète bien aimé, ses groupies, son club de midinettes et midinets, son gros con de droite et sa bande de gauchos dépenaillés et tout le tralala, et même le lalaïtou. Y a pas de raison valable pour que ça change.

Ce qui changera, c’est d’abord que comme dans tout bon déménagement, l’adresse sera différente : tous les blogs et autres sites appelés à rejoindre le navire kondukatoral[3] contiendront « icyp.fr » dans leur URL.

 La déco ne changera pas tellement, mais un petit peu tout de même : je vais tenter d’installer un système de commentaires mieux foutu parce que comme nous sommes toutes et tous Ici, de furieux et joyeux papoteurs, c’est primordial et tout à fait prioritaire.

Normalement, tout devrait être au point avant la fin du mois d’octobre. Je touche du bois en croisant les doigts : deux précautions valent mieux qu’une. Et je continue à marteler mon indestructible clavier − je vous dis pas ce qu’il encaisse, ce brave − en sifflotant.

En attendant, vous pouvez suivre l’avancement des travaux ici : www.icyp.fr

E la nave va…

  1. Vous saurez tout sur la Jamais contente de Jenatzy ici : CLIC  []
  2. La seule à pouvoir couvrir mes grommellements. []
  3. Et il y en aura, et pas qu’un seul. []
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Run Mone run

Collage et tritouillage : Cyp Luraghi 2011

Voici trois décennies que je n’avais pas trouvé le créneau … trois décennies que je vivais sans l’avoir vu … trois décennies que je vivais dans l’ignorance. Dans l’ignorance du génial… du superbe … de la super-production : je cite : Blade Runner ! Le Blade Runner. Le film culte que tout le monde – du plus petit jusqu’au plus grand – avait vu. Sauf moi. Maintenant, c’est fait. Je suis autre. Je vois la vie autrement. Mais je cours encore.

Car courir, c’est ma vie ! Depuis l’enfance, je cours. Je cours après la vie, je cours après le mieux, je cours après tout : car je veux tout. Je veux tout avaler en un temps record, très vite, pour passer à autre chose. Comme si le temps qui m’est imparti et qui est fixé depuis ma naissance, me semblait trop court. J’ai toujours tout fait très vite, sans doute trop vite, peut-être n’ai-je pas suffisamment rêvé, pas suffisamment profité du moment présent, en pensant toujours à l’après ?

Maintenant, j’arrive à un stade de ma vie où je pourrais me reposer, contempler calmement la route effectuée. Mais non … il faut encore que je me fixe des buts, des projets qui probablement n’aboutiront pas, faute de temps, faute de moyens. Mais quand vais-je enfin comprendre qu’il est temps de s’arrêter ? De se reposer ? Sans doute jamais. Car mon repos, je le prendrai pour l’éternité, un jour … Le plus loin possible, car j’ai tant encore envie et besoin de courir vers l’impossible !

Bon, voilà, je l’ai fait ce billet ! Ceux qui voulaient un résumé de Blade Runner peuvent se rendre sur leur Google habituel. Je ne suis pas critique cinématographique. Mais Harrison Ford et Rutger Hauer, eh bien, eh bien, voilà : j’aime !

E la nave va… 

 

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De jour et de nuit

Illustration originale © Pierre Auclerc 2010

La nuit je fais mes petits gribouillis du bout des doigts : cliquetis au clavier. Chouette musique à chat-huant. 

Un petit bout de trucs informatiques pour faire que l’Ici-Blog soit encore plus coquet, un petit bout de roman et un grand café clope. 
Je picore, oiseau de nuit ; et ourdis toutes sortes de complots sous le manteau : il faut. 

Dehors dedans : le monde dort. Ou se déchire. Ça dépend de quel côté ça se passe : ici à Puycity c’est le calme olympien des vieux dieux. 

Là, je peux mijoter mes coups. 

Éteindre le monde en commençant par couper net l’internet : vaste projet. Et puis rallumer le tout d’un coup sec pour épater la galerie : une vie dédiée à ce quart d’heure de gloire. Je serais préservé des oubliettes de l’histoire : l’humanité se souviendra de mon passage sur Terre et les petits enfants apprendront des siècles durant dans les écoles qu’un petit con avait tout éteint un temps très bref, suscitant l’émoi général. 

***

Mais je rêve : pour l’heure seuls ont été élaborés les plans de destruction d’une saloperie de mouche qui constelle mon écran de ses crottules après s’être gavée de mes poires [à moi les miennes]. Et j’ai beau m’échiner à la tapette : macache. Il paraît que ces bestioles ont des réflexes trente fois plus rapides que ceux de nous autres, limaces humaines. Je confirme. Dans quelques années, ma patience et la gymnastique neuronale que je m’impose chaque nuit payera : j’abolirais les mouches sans coup férir. 

L’humanité me remerciera en m’élevant des myriades de statues moches au mitan des carrefours. Ça me fera une belle jambe : c’est toujours bon à prendre, une belle jambe. Pour l’autre, j’ai déjà ma petite idée, mais c’est classé secret Défense, alors mouche cousue. 

***

C’est pas tout ça, mais une fois de plus c’est la nouba dans les commentaires, alors modeste : je déleste en tapant un billet express à l’arrache… et cette nuit j’irai faire des tas de trucmachins super compliqués sur notre nouveau serveur : une bête de guerre que j’ai pu louer grâce à votre générosité, mes amis ;-)

E la nave va…

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LE VER MINE

Asticot dans une pêche du jardin d'Annie - © Cyprien Luraghi 2011

600 commentaires en à peine plus de 24 heures sous le billet précédent… on n’est pas muets du bout des doigts, les amis ;-)

Je suis pris de court : en temps ordinaire, le nouveau billet (qui n’est pas de moi) aurait été mis en ligne cette nuit au plus tôt… mais ce ne sont pas des temps tout à fait ordinaires : l’Ici-Blog, bien que naviguant en solitaire sur l’océan des octets de l’internet, se voit fréquenté par de plus en plus de monde : à la fois simples lecteurs et passagers embarqués en route. 

Et là, à la fois commandant de bord, − ou patron de troquet, comme on voudra − mécanicien, soutier et cuistot… ça fait beaucoup pour un seul homme. Donc je publie à la hâte ce petit billet de délestage, qui me laissera le temps de tenter de colmater les fuites de notre petit navire, et de traquer la vermine grignotant sa coque : car il y a plus d’un bug à résoudre, dont un particulièrement pénible dans le système de commentaires. 

Or donc : salut le monde… e la nave va !

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Exit le Blaireaupard !

© Cyprien Luraghi 1996

2 mai 1990

− Passe me voir maintenant. 

 J’étais rentré la veille d’une balade de dix mois à pinces à travers l’Himalaya et la cabine téléphonique parisienne en aluminium brossé était terriblement exotique, comme tout le reste d’ailleurs : les aborigènes feutrés et leurs célèbres regards furtifs ; les pages jaunes de l’annuaire, les platanes en cage.

La veille du retour, à Katmandou Bruno m’avait dit : t’as qu’à téléphoner à Arthaud : ils sont spécialisés dans le bouquin de voyage. Donc Arthaud. La dame au téléphone n’était pas aimable et me disait des choses bizarres : comme quoi j’aurais dû les contacter avant le départ pour proposer mon bouquin. Dans ces cas-là je n’insiste pas et raccroche le biniou en pleine conversation : pas de temps à perdre avec des pied-tendres. 

 A : pas des masses d’éditeurs en A. Mais Albin Michel. Le gars m’écoute jusqu’au bout et me dit : passe me voir maintenant.

C’est minuscule et plein de bouquins, son bureau. Au bout de dix minutes il m’invite à aller nous en jeter un au café du coin de l’avenue. Au bout de trois demis chacun il est partant et moi aussi. Moi au moins, j’avais un vrai voyage à raconter par écrit : pas une aventurette sexy ni un truc de mec super velu faisant l’homme-sandwich en haut de l’Everest pour ses sponsors. 

On se tape dans la main et on se dit à plus. 

***

Un an plus tard

Dis Cyp : faudrait que tu passes à Paris pour les corrections. 
− Ça va pas la tête, Sergio ? j’ai une gueule à monter à Paris, peut-être ? T’as qu’à descendre dans le Lot : y a de la place à la Ramounette tant que tu veux.
− Okay : je ramène un sac de couchage ?
− Ouais.

C’est là qu’on est devenus copains, Serge et moi. À nous fritter la gueule jusqu’à pas d’heure autour du feu de bois sur le pré, en sifflant des cubis de cahors et en tirant sur des pétards. À pinailler sur le moindre point-virgule : comme premier éditeur je pouvais pas tomber sur mieux que ce numéro-ci. Quel chieur ! Non mais il avait raison : un livre n’est pas un objet si banal. Ça prend des ans à se brasser lentement, et puis ça se distille, et ça s’épure. Pas besoin d’en faire des masses dans une vie : il y en a déjà tellement trop dans les librairies, qui partiront au pilon comme leurs commetteurs au cimetière : oubliés de tous à tout jamais. 

***

Sergio est mort d’un cancer généralisé en Thaïlande mardi dernier : Ly m’a appris ça tout à l’heure mais je le savais déjà parce que j’avais vu des mots-clés fatidiques apparaître dans les statistiques de l’Ici-Blog ces derniers jours : « Serge Bruna-Rosso décès Thaïlande ». Des gens qui tapaient ça sur Google et tombaient Ici. J’en avais causé une paire de fois dans les commentaires, de Serge, et sur le vieux Sitacyp qui n’existe plus. J’y disais des trucs pas tristes sur lui : la mélancolie ne l’étreignait pas, il faut dire ;-)

Ce n’est pas dans ce petit billet de rien du tout que je conterai par le menu tout ce qui s’est passé entre lui et moi − et nous − depuis son premier passage à la Ramounette : il faudrait un bouquin dodu et croustillant comme une miche de bon pain, pour ça. 

Son nom ne vous dit sans doute rien : il n’était pas connu du grand public… pourtant des centaines de milliers l’ont lu dans des romans à succès signés par d’autres. 

Je vous révélerai un petit secret tout de même ce soir : Serge se définissait comme hybride : mi blaireau, mi léopard. Tassopardo en italien-valise. Un blaireaupard en quelque sorte. 

Or donc : bon voyage au pays des morts, Sergio Tassopardo ! Le courage aux vivants : amis, famille, Tania et Paul !

E la nave va…

Publié dans Humain, Népal, Tout Venant | Mots-clefs : , , , , , | 646 commentaires
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