Archives par mois : juin 2011

ici la nostalgit

La planète sauvage - Topor / Lanoux 1973 - Animation : Cyp Luraghi © 2011.

minot, je suis tombé par hasard sur l’inquiétant et beau film de laloux et topor « la planète sauvage ». j’en fus tout tourneboulé. le graphisme impeccable et l’histoire anxiogène m’attiraient vers d’insondables précipices, des fourmilières dans lesquelles je me perdais voluptueusement et irrémédiablement. c’était magnifique et moins cher qu’une psychanalyse. vous n’avez jamais songé à vous égarer dans des méandres souterrains à la fois salvateurs et destructeurs ? me faites pas rire, vous, comme moi, y plongeons avec volupté et terreur.

l’histoire est simple : les draags dominent la planète ygam, ils pratiquent la méditation et se jouent de petits animaux, parfois domestiques, les oms, jusqu’au jour où l’un de ces petits êtres se révolte et passe du côté sauvage de la force. graphisme magique, histoire simple et universelle, rythme faussement atone, captivant, même si la bande son peut parfois paraître vieillotte.

tout cela pour évoquer le cinéma d’animation actuel estampillé u.s. que je consomme goulument avec mon fils depuis quelque temps. c’est en général plaisant, techniquement plutôt réussi…et pourtant, une question me taraude : ne participe-je pas au travail de décérébration généralisée en octroyant mes euros aux majors compagnies, disney et dreamworks ?

le propos est toujours très tolérant-compatible, la plupart du temps vaguement écolo. j’ai comme l’impression que les aspérités du conte sont gommées par un discours lénifiant dans lequel les méchants ne le sont pas vraiment, enfin ils finissent en général très gentils : c’est parfois pas mal – « moi, moche et méchant », « toy story 3 » – en d’autres occasion carrément niais – « yogi l’ours », le voyage extaordinaire de samy », souvent vite oublié – « kung fu panda 2 », « planète 51 » – enfin parodiquement vain – « animaux et compagnie », « les chimpanzés de l’espace ». tous ces films procèdent de l’empathie lourdingue que peuvent éprouver les bambins et leurs parents pour des situations, sans réelle mise en contexte. niquer la nature, c’est mal, être intélorant, c’est pas gentil.

et puis la 3d : le scandale. pour deux euros de plus, on se retrouve avec un truc moche et pesant sur le pif. c’est la plupart du temps inutile pour ne pas dire plus. gniée pas belle et toute en relief la société du spectacle ? suis-je juste un peu nostalgique d’ue animation idéalisée ou carrément un vieux con ? je pense sérieusement à éviter les schtroumpfs…

bon, comme je suis sûr que vous n’avez pas vu ces films, je m’arrêterai là. ah non, deux conseils : « fantastic mr fox », une histoire de renard pas nanar et « x men, le commencement », des super héros dans les 60’s, plus un film d’espionnage à l’ancienne avec de très bons fx[1] qu’une énième merde marvel, un film assez déconnologique.

e la nave va…

  1. effets spéciaux. []
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VEILLÉE DE GUERRE

Illustration © Cyprien Luraghi & Pierre Auclerc - © 2011Il y a eu basculement ; délicat de dire quand exactement. Mais là, ces derniers jours ; pas plus avant. Ça se sent au travers des masques et quoi qu’on fasse, ça passe au travers et s’insinue, pénètre et imprègne au plus profond, jusqu’au frisson entre chair et os.

Les tenues de combat en face sont de sortie et leur touffeur, boutée au vent attisant les exhalaisons du remugle ennemi enivre à mort : dans dix mois tout sera consommé et ça sent l’écurie. Lancés au grand galop s’entrevoit en dépit des gaz et de la fumée acre, la fin du tunnel : loupiote au loin.

Au dedans c’est le tohu-bohu : ça se frotte la couenne et le sang y affleure avant de jaillir à gros bouillons, tout bientôt. Chaque parti s’affûte les nerfs : vils coups bas permis en vue. Ça va charcler, je ne vous dis que ça.

Tous n’ont qu’un but commun : déposer l’exécrable Nicolas Caca, petit poulet de France postillonnant de tous ses pores et orifices depuis quatre ans sur ses sujets, des jets continus de sanie et d’insanies, à tel point que tout un chacun ou quasi en est contaminé et devenu confus.

Dans le tunnel on ne sait plus qui combat qui et les camps s’entre-dévorent à l’aveuglette ; chiens cannibales et moutons féroces.

Des catacombes et les tranchées de l’internet : tout n’est plus que rouge et brun dans la fange glacée : la confusion la plus absolue règne entre belligérants. C’est grand vaudou là-dedans.

Du sang et de la merde : au moins c’est clair. Grand merci à l’internet de laisser les vengeurs masqués étaler leurs tripes sur les grands forums mieux que sur les divans des psychanalystes. Ça fuse en instantané, de nos jours : plus besoin de thermomètre culier à mercure pour prendre la température de la société, ni de se farcir de pénibles ouvrages imprimés sur papier jauni.

Face au nain grimaçant, dans le tunnel il y a : le Front National de Gauche avec le Líder Máximo des petits bourgeois Jean-Cul Merluchon ; Murène Lapine© et ses Dupont Lajoie gogols à calibre 12 juxtaposé planqué sous l’oreiller ; Gogolène Poital et ses troupes de conspirationnistes fous d’amour attendant l’Apocalypse en biffant les jours sur le calendrier maya en flippant sur les réseaux satanistes pédophiles ; Nicolas Shampoing et son ULM à pédales. Et c’est à peu près tout. Les autres comptent pour du beurre et seront soit élus − fade entremets gélifié ou tomate farcie − ou disparus corps et bien : NPA et PCF.

Moi, ce qui me frappe en cette veillée de guerre, c’est le lien reliant tout ça : de la même fibre que celui qui a mené Jacques Doriot à Alain Soral, il est.

Qu’ont en commun Gogolène, Merluchon et Murène Lapine ?

Les mêmes obsessions maladives : racisme ou xénophobie sournois avoués ou pas, retour à l’ordre moral, fantasmes morbides et ultra-violents, négationnisme − Gogolène de l’affaire d’Outreau ; Merluchon des crimes contre l’Humanité commis par le PCC au Tibet ; et Lapine des négationnismes divers et variés professés par l’écrasante majorité des adhérents et des pontes de son parti national-fumiériste.

Dans plusieurs billets à venir, je montrerai avec preuves tangibles à l’appui ces liens qui les unissent, ces rouges et roses bruns. Aujourd’hui je tapote juste le diapason pour donner le ton, à la va-vite.

Le confusionnisme des idées : voilà l’Ennemi !

E la nave va…

 

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L’ÈRE DU VERSO

Illustration et animation : Cyprien Luraghi © 2011

clic dans l’image pour voir l’animation

Autrefois, il était d’usage de se questionner sur l’envers du décor : dans les loges et les coulisses il y a quoi donc ? et que cache le nez rouge du clown ? où va le tigre quand il a fini son petit tour de piste ?

Et sous l’édredon : est-ce que papa-maman s’agitent ou piquent un roupillon, et pourquoi ?

Tout était façade dans l’Ère du Recto : réduits à subodorer les dessous du monde, vous viviez dans l’ignorance.

Maintenant vous savez tout sur l’envers du décor : les machineries ont révélé leurs secrets ; derrière la glace nul n’ignore plus qu’il y a le tain ni que sous la couvrante des fluides hormonaux s’échangent à foison : vous voilà bien avancés.

Dans la loge, sous le nez rouge du clown c’est plein de comédons et le tigre arpente sa cage aux épais barreaux nickelés.

Tout rutile et scintille dans l’Ère du Verso : c’est le nouvel âge tant attendu ; applaudissez, louez qui vous voulez : tout est à vendre à tempérament et faites une croix sur ce que vous avez quitté d’un pas décidé : la beauté, le rire, l’amour, la joie de vivre et le rêve… le rêve…

Il faut vive avec son temps : très peu pour moi. Pour nous : on n’est pas bien nombreux mais je ne me sens pas tout seul : ça froufroute et pépie gaillardement dans les buissons, au Recto ;-) 

E la nave va…

 

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Bidonnant & Dramatique

Illustration : © Cyprien Luraghi 2011

Bidonnant & Dramatique. Je la dois à Little Wing, cette première devise de l’Ici-Blog, lui qui sait de quoi il cause, ayant passé de longues années en Ouganda du temps de Jean-Bedel Bokassa, empereur de Centrafrique.

C’était peu de temps avant l’abandon du vieux Sitacyp en 2006, au cent quarante-huitième commentaire, Ici : CLIC

Dans ce billet tout est déjà bien posé : je suis le kondukator d’un blog totalement anti-démocratique et tout et tout, et j’envoie chier ou pas qui ça me chante quand ça me chante.

Sept ans plus tard c’est tout pareil et il n’existe aucune raison valable pour que ça change. Le centre mondial de la déconnologie, c’est Ici et nulle part ailleurs et si elle est née, c’est parce qu’il y a des trolls craignos sur l’internet comme au dehors. C’est pour cette raison même que la déconnologie est de l’activisme politique sous sa forme la plus achevée.

Pilotique plus précisément : il est impératif d’inverser la donne et la vapeur tout comme les lettres : mon clavier, mon arme.

La déconnologie est radicalement littéraire : nos commentaires Ici et ailleurs sont des graffiti iconoclastes bien contournés, balancés très fort à la face des tristos, des fafs à front bas, des gniasses mâles et femelles, des bobeaufs, des pompeux cornichons, des conspirationnistes, des fumistofascistes, des révolutionnaires de canapé, des geeks décervelés, des corbeaux paranoïaques de l’internet, des fausses victimes, des cellules psychologiques, des racistes, des salonnards, des sectateurs du penser contre soi, des social-traîtres, des indignés, faux derches, spectateurs de la télévision poubelle, fouille-merde, empalés sur des manches à balais, psychorigides, nationalistes, petits caporaux, régionalistes, dictateurs langagiers, notabliaux, ennemis de la culture populaire, populistes, corporatistes, castistes, biomormons, censeurs libertaires, félons, et cent mille autres variantes de la méchante connerie.

La déconnologie est une partie de plaisir dans la tourmente : une orgie à Verdun, une partouze à Stalingrad, un opéra-bouffe à Dresde, une parade polysexuelle à Mogadiscio, un concours de pets tibétains place Tien An Men devant le portrait de Mao le premier mai.

La déconnologie se torche avec le drapeau des conventions : elle est vulgaire avec les esprits raffinés et d’une délicatesse exquise avec les gnous. Elle dépiaute et dépote et se serre les coudes quand les shrapnels volent bas : sans cesse.

La déconnologie est une table en bois d’arbre avec des gens de toutes sortes autour, francs du collier : le banquet des joyeux saltimbanques au milieu des pingouins emplâtrés.

Bidonnante et dramatique !

E la nave va…

 

Publié dans Déconnologie, Éditorial, Pilotique, Trollogie | Mots-clefs : , , , , , | 636 commentaires

ZOZIOLOGICIQUE

Ostéoportrait original de Pierre Auclerc − © 2011

Ça cuicuite dans ma calebasse : qui sommes-nous ? où allons-nous ? pourquoi Ici et pas Là ? et tout ce genre de choses.

Alors en tant que rédaqueux chef, pondeur de billets, machiniste, financier, caporal manager, tributeur, grommeleur, kondukator kosmoplanétaire, rat de catacombes et bien plus encore de l’Ici-Blog :

J’ordonne une étude zoziologique des mâlinistes rutilants et autres groupies agralantes hantant ce lieu de perdition ainsi que de son équipe dirigeante.

Pour ça j’ai embauché un quarteron de zoziologiciens de choc : nous autres. D’abord parce que c’est gratuit, puis que nous sommes tous titulaires de quelques papiers tamponnés par des organismes officiels[1] et aussi parce que le Grand Timonier a bien raison en nous enjoignant de ne compter que sur nos propres forces.

L’Ici-Blog étant résolument collectiviste, ça m’arrange énormément de ne pas devoir me taper tout le boulot, aussi.

Ainsi donc notre étude zoziologicique scrutera le tréfonds de la fibre X de tout un chacun et j’en tirerai les conclusions qui s’imposent pour vous infliger mon seul et unique point de vue au knout, comme sur Ubu89 ; toute objection sera charclée à la machette rouillée et à la gueule du client.

L’Ici-Blog ressortira grandi et épuré de cette ordalie dont toute publication en ligne ne saurait se passer, pas plus que la haridelle grisonnante du piment planté dans le cul et passée au cirage par le maquignon : faut tortiller du fion et avoir l’air fringuant pour la revente. Rien de tel qu’un bon ripolinage précédé d’une étude zoziologicique avant de larguer la crèmerie en s’en foutant plein dans les fouilles.

Parce que je nous aime bien, mais surtout parce que nous sommes vendables. Dès que l’Ici-Blog franchira le seul des cent mille lecteurs payants par jours, je nous refourgue au grand capital et je me barre avec la caisse.

Soyez rassérénés, Icibloguiennes, Icibloguiens :  je vous enverrai des e-cartes postales avec des lolcats depuis ma luxueuse résidence au pays des mérous, où mon ami Homère vous consentira une ristourne de 10% sur la pension complète dans sa maison de retraite pour déconnologues périmés.

J’ai dit, édicté et décrété alors on s’exécute : étudions-nous à donf’ et que ça saute !

E la nave va…

 

  1. Permis B honoris causa au deuxième coup avec mention crès crès bien et félicitations du jury à part pour les créneaux, pour ce qui me concerne. []
Publié dans Déconnologie, Édits Vespéraux, Pilotique, Trollogie | Mots-clefs : , , , , , , , | 575 commentaires
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