Tout un plat

Photo tritouillée par Cyp d'un plat de maquereaux préparé par Annie © Luraghi 2010

 

On fait tout un plat de tout ; l’époque veut ça. La polémique bat son plein à grande échelle et s’étale à la une des journaux les plus sérieux. Des morceaux de matières plastiques provoquent des émois planétaires et la façon dont tel ou telle se revêt le corps fait pousser des haut cris comme au temps des croisades.

Je suis sûr que le sang a coulé à propos du dernier combiné téléphonique de poche en vogue ; on s’étripe bien pour des femmes ensachées et des plumes ou autres accessoires ostensiblement plantés dans des parties charnues.

Ça passe son temps à se friter la gueule sur des broutilles, le populo. S’entend : il ne faut plus dire ce mot qui fait tache, mais le peuple, la Nation ; et il est d’usage en ce pays de  compléter ces expressions par française ou français parce que ça la fout bien et ça en colle plein les mirettes de l’Ennemi. Qui est partout et n’attend que la perte de notre proverbiale vigilance pour frapper un grand coup. Au cœur de notre force de dissuasion. Boum. Sirènes des pompiers.

Comme l’Ennemi ne vient pas ou si peu, le peuple français monte le guet et se relaie par quart et finit par virer bredin comme le lieutenant Drogo dans Le Désert des Tartares de Dino Buzzati.

Devenu fou comme un lapin, le peuple français gauchement engoncé dans sa Nation s’entredéchire pour des futilités : le pape par exemple. Aucun intérêt, le pape, si ce n’est qu’il est un excellent combustible pour conversations enflammées. Pareil pour les imams farouches : qu’est-ce que j’en ai à foutre, de ces insignifiants agités ?

Polémique, polémique… qui dit agités dit agitateurs. De peuples. « On régit un grand état comme on fait cuire un petit poisson ». Lao Tseu voyait juste, mais pas nos grands bergers. Bush II avait trop remué la poêle, Adolf tout cramé le poiscaille au chalumeau et des petits Berlus et autres Sarkolas de pacotille s’efforcent à merder lamentablement leur tambouille et ne parviennent qu’à l’insipide surimi au bout du compte.

Le surimi : je suis sûr que le sang a coulé à propos du surimi. Des tas de gens n’ont pas dormi la nuit à cause de la guerre du surimi.

Autant que chez les aficionados et les anti-corrida, les pro et les anti-burgers…

La guerre du surimi n’a pas encore eu lieu ? Qu’à cela ne tienne : lançons-là ! 

[buccins, sang et poussière de cohortes en marche dans le lointain]

 

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