Archives par mois : janvier 2009

Sujet people

Les deux Barbus – Alain Auzanneau, photographe à Puycity et mon fiston Gaspard – sont allés à la manif du 29 à Cahors…

Du monde, du monde, comme jamais vu…

Alain est passé en coup de vent décharger sa carte mémoire dans ma grosse machine ; j’ai mouliné tout ça, et voilà :

 

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Avec l’aimable autorisation et sous © d’Alain Auzanneau, photographe à Puy l’Évêque, Lot.

 

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Journal des sports

© Annie Luraghi 2008

 

Les cons pètent comme tout un chacun, mais chacun n’a pas l’esprit compète, ni de conquête : c’est mon cas. Je ne devrais même pas écrire : éventuellement je pourrais concourir à mon insu ; allez savoir à quoi. Et puis c’est jour de grève ; en plus c’est Nouvel An chez les Chinois, où c’est l’année du bœuf, pas du cochon sportif.

Le sport, c’est ni la bulle, ni la grève ; ça n’a donc aucun intérêt. Les sportifs font bien la fête à l’arrivée, mais moi j’appelle pas ça une fête. Le mecs dopé jusqu’à la moelle et tout suant qu’encaisse la prime sur le podium et embrasse la fille au bouquet,  c’est nul.

© Paul Grély - Fonds Auzanneau - 1960

 

Pareil  : je ne déteste rien plus que les présidents de la République sportifs ; ainsi ce Sarkolas me soulève le cœur quand je le vois courir, sur les illustrations.

Le capitalisme, c’est du sport. Mortel. Comme le foie du fugu. Le communisme aussi est mortifère, mais moins : Stakhanov se chargeait à lui seul de battre des records ; les autres pendant ce temps pouvant être à la coule.

Le sport s’infiltre dans nos vies comme le missionnaire chez l’aborigène à pagne de raphia : il chasse le naturel en nous, qui incline à l’indolence et à se tracasser un minimum dès lors que l’essentiel de ses besoins est satisfait. Le sportif, lui, est avide et grand goulu. C’est un qui cultive le muscle à fibre longue et rude, et c’est pour ça qu’il est si dur avec nous autres, car il accapare tout et ne laisse que des rogatons aux mollets ramollos.

Le sport éreinte : c’est à cause de lui si tout va mal : le sport c’est avant tout la guerre. Au boulet a succédé la bille de terre cuite et la ba-balle.

Le football, c’est pas la guerre !

Comme le chantait Zao

 

Mais même si j’aime énormément Zao et mes copains sportifs, on ne m’enlèvera pas de l’idée que le sport, c’est la guerre. Deux types qui se foutent des peignées sur un ring, c’est un sport et c’est de la guerre.

Alors en poussant un peu le bouchon, la lutte des classes, c’est du sport ; et là vous me rétorquerez que je pratique. Mais non, même pas : j’ai beau être une teigne sociale, un excrétat lumpenproletarien revêche, je ne vais à nulle manif et ne suis d’aucune action, directe ou non : je reste coi et n’en fous pas une rame pendant que les autres s’agitent et se durcissent les cuisses en défilant.

L’idéal du prolo est de damer le pion à son patron ; point. Et celui du coureur cycliste de cachetonner un max, quitte pour ça à se gaver de pilules et de cachets dragéifiés. L’idéal des Israéliens est de piquer le troupeau de mammouths de l’équipe des Palestiniens, tant qu’on y est… tout se réduit à ça : au départ il y a le muscle et l’os. Plus tu cours vite et tapes fort et plus tu bouffes. Et les autres, affaiblis, t’idolâtrent et de détestent ; mais ne t’arrivent pas à la cheville.

Après, il y a l’esclave sportif : c’est le pire. Le CRS, par exemple. Avec ses gros muscles costauds, il arbore son os et matraque pour le boss.

***

Le non-sportif cultive sa moelle. Osseuse, cérébelleuse et grise ; sa quintessence. Il sait qu’elle est la vraie nature humaine, qu’elle n’a fait que croître au détriment de la musculature. Elle est l’arme absolue contre ce que les religions elles-mêmes disent malédiction : cette compétition lugubre contre la faim qu’est le travail.

Le travail, c’est du sport. Quarante ans de turbin, c’est un exploit dont le Guinness ne parle pas, pudiquement. Huit longs lustres entiers à guetter la promo, l’échelon du dessus… pour finir en poussière, six pieds sous terre. Ou dans une urne sur une étagère, à côté d’une médaille du travail ou d’une croix de fer gagnée à la bataille dans une guerre.

Un esprit sain dans un corps sain.

Foutaise.

Bonne grève !

Et surtout de beaux rêves…

 

***

Dans les commentaires du billet précédent, Freakfeatherfall m’avait suggéré de traiter du sport. C’est accompli. Mais comme c’est grève, j’ai fait le minimum.

 

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Série Z

 

C’est l’horreur.

Un vent à vous désorbiter.

Alerte rouge.

C’est la faute aux communistes talibans.

L’ultragauche a encore déraillé.

Tempête hivernale.

Des tas de kilomètres à l’heure et plein de millimètres d’eau. 

Alors, entre les pannes de jus, on a regardé le fleuve lécher la dernière marche de l’escalier au pied de la maison par les fentes des volets pourris, et puis on a maté des séries Z comme zombies, Annie, Shanti et moi dans l’atelier. 

Et c’était bien.

 

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À bas mots, Président.

© Cyp Luraghi 2008

Dictionnaire Érotique Moderne – Alfred Delvau 1874 – collection personnelle

  

Le Président Abamo ne lit pas, pourtant il peut.

Il n’aime pas les lettres ;

Elles sont trop fixes, à son avis.

Aux beaux hauts mots de haute graisse

il hausse les épaulettes ;

mais au bas mot épingle

la rosette

d’honoré légionnaire

au revers de la boutonnière

d’une pépinière

de vils bubons chancreux

et creux ;

ses chevaliers des Arts et Lettres.

***

Le Président abat mots :

à défaut de parler la France,

il cause serial-culeur,

et casse

en quatre petits mots

le pauvre con qui s’ose

et se lâche, ce lâche,

face à lui.

***

Le Président ne lit pas même

aux cabinets de l’Élysée

où c’est plein de papier, pourtant.

Il se torche

de la biblioche

n’en ayant plus besoin pressant :

il a déjà posé devant

pour la photo,

alors hein.

***

Nonobstant, nous gens des lettres,

souhaitons un bon et prompt départ

au fin fond de l’Alabama

avec et dans le bush

à Abamo et à tous ses bas maux dits

Et faits.

Et vite.

Dégage !

Mot dit.

 

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Tout un monde

F.M.I. - Dessin de Ouenja ©

 

Après. Quand ils auront tout, qu’est-ce qu’il restera ?

Ils partiront, peut-être. Ou bien pas.

L’argent, ça va, ça vient ;

ça va surtout toujours dans la même direction :

dans le grand coffre d’Onc’ Picsou.

© www.duckmania.de

 

Le capitalisme sauvage, c’est Onc’ Picsou et les Rapetou ensemble, main dans la main et les mains dans nos poches.

Tu crois qu’ils partiront ?

Non : ils ne peuvent pas ; ils sont coincés sur notre globe ; et puis ils n’ont nulle raison de partir : sans nous ils ne sont rien ; ils n’ont rien.

C’est vain. De leur côté, et du nôtre. D’ailleurs, en y songeant bien, eux et nous ne faisons qu’un.

Quoi ? Un mendigot pareil qu’un zilliardaire ?

Ça se peut, car nous sommes des êtres gigognes : nous sommes ces gouvernements que nous exécrons, ces cochons et ces truies, et dans le famélique gît le repu.

Nous allons droit dans le mur parce que nous le voulons, tous ensemble.

Ou presque : ceux qui ne veulent pas vont en prison, parfois ; il suffit de ne pas posséder de téléphone mobile et de vivre à Tarnac, pour ça.

L’Insurrection qui vient…

Tu crois qu’elle vient, l’Insurrection ?

Bien sûr que non ; à cause des vacances. Le mois prochain, y a vacances. Et on remet ça en avril. Et re-re fin juin. Etc.

Alors voilà : cette année, les collectionneurs de montres de prix en accumuleront encore plus ; d’autres feront pareil avec des yachts ; ou des îles à lagons ; ou des châteaux pas possibles… et il leur en restera encore ras le plafond du coffiot.

D’ailleurs c’est même plus des coffiots, l’argent : c’est devenu de simples électrons. Comme en Argentine en 2001 : c’est pas des billets qui sont sortis dans des lessiveuses en fer-blanc, laissant le pays saigné comme un poulet : tout le flouze est passé par des officines ordinatoriales du genre Clearstream.

Une chose est certaine : j’ai autant d’électrons libres qu’un pillardaire, dans mes plis intimes.

Du coup, je suis rasséréné.

Et je vais me coucher, les poches pleines de mains, vers de beaux lendemains.

 

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