Archives par mois : juillet 2008

Camelots

© Annie Luraghi 2008

 

Deux qui écrivent et se rencontrent tous les vendredis, et une fois par an au repas du quartier.
Deux qui refourguent leur camelote pour croûter.

Quand ce n’est pas l’été, on est au loin, chacun chez soi et on écrit chacun son truc.
John c’est en anglais, pour le papier,
et moi c’est sur le net et sans bavure.

Mais John et moi on est des merdes.
Un écrivain, c’est une merde.
Ça vend des petits cœurs peints à la main pour les jeunes filles
sur les foires et marchés.
Ça colle son nez dans la poussière des gens
sous le capot

des ordinos.

 

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Le boss bosse

© Paul Grély 1959 - Fonds Auzanneau

 

Faut pas croire : je ne me tourne pas les pouces.

Je refais le blog à neuf entre deux réparations d’ordinos…
Très bientôt il y aura de gros bouleversements: je change de plateforme ; depuis deux ans j’utilise Dotclear, mais comme la moindre modification demande de tripoter le code informatique pendant deux nuits blanches, je n’en peux plus. Et puis c’est pas vraiment prévu pour écrire : aucune possibilité de mettre le texte correctement en forme, ce qui est vraiment rédhibitoire à mes yeux (et surtout à mes doigts).

Du coup je fais la grande migration : je passe sous WordPress, qui est elle aussi une plateforme libre, sauf que la  »communauté » est hyperactive. Et puis c’est tellement plus intuitif. Après tout, quand j’écris, j’écris… et je ne fais pas d’informatique. Parce que sinon, ben ça me rappelle le boulot et ça, non merci. J’ai trouve que le dépannage informatique pour faire vivre ma petite famille, mais à la nuit venue, je ne veux plus entendre parler de PHP ou de processeurs en carafe, et encore moins des virus de merde collés au cul de Windows comme des vers intestinaux.

Donc patience. L’adresse originale du blog sera légèrement modifiée, mais le www.blogacyp.fr fonctionnera sans faillir.

C’est une affaire de jours, maintenant. Le plus dur est déjà fait : migrer plus de deux cent billets et 1700 commentaires, bonjour la galère !

Je vous tiens au jus et je vous aime.

Cyp’

 

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Siné qua non

Dessin de Siné paru dans l'Express en 1960 - © JJ Pauvert 1965

 

 

HA VAL !

Ainsi donc, Philippe Val a lourdé Siné.

Nous sommes en 2008 et les idées pilotiques sont mixées au sanibroyeur comme de la merde : les deux extrêmes se sont rejointes et pour le pire, comme dans les années 30 du siècle mort.

Val a viré Siné pour antisémitisme.

HA HA !

Dieudonné a pris pour parrain d’un de ses enfants Jean-Marie Le Pen.

HA HA !

Soral écrit les discours du même Jean-Marie.

HA HA !

Le Figaro est plus à gauche que Libération, c’est pour dire…

Je vais de ce pas marabouter l’esprit du Professeur Choron pour qu’il enfume le gang d’usurpateurs comme des blaireaux dans leur terrier.

Lisez l’excellent papier que lui consacre le non moins excellent Fabien de Ménilmontant sur son blog, ici : CLIC !

 

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Rien ne va plus

Illustration © Shanti Devi Luraghi 2008

 

*

on a fait nos jeux

le sort en est jeté

dans le vide

et ça tombe

à côté de la plaque.

la pluie ravit les premiers haricots

 *

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C’est loin ?

© Cyprien Luraghi 1990 - Népal Occidental

 

Oui, dis : c’est loin ?

Quatre ans dans les cartons, dans le grand garage. Et puis mon vieux scanner a grillé toute une série de condensateurs. Un Epson GT7000 Photo à presque 3000 balles acheté il y a dix ans. Un excellent prétexte pour profiter des déstockages d’été et m’en offrir un neuf au tiers du prix, vu que j’ai rentré des pépettes dans la boîte en fer blanc qui sert de caisse à ma petite association à but non lucratif.

Quand on était partis de la Cazelle,[1] j’avais tout emballé à la va-vite, en vrac. J’écrivais sur mon vieux site quasiment tous les jours. J’avais commencé à raconter ma grande traversée – la Transe Himalayenne – à ma sauce. Tout ce que j’avais dû couper dans le bouquin, dont le manuscrit de quatre kilos avait fait peur à l’éditeur. « Un million deux cent mille caractères ! Mais t’es fou ! » J’allais bon train quand la nouvelle de notre prochaine expulsion nous était tombée sur le râble… J’ai tout laissé en plan depuis.

Ça se trouve ici : CLIC ! (Accès restreint)

Je scanne comme un fou, du coup. C’est le chaos dans les boîtes à diapos.
Tiens : je n’ai pas la moindre idée du col de la photographie.
Quelque part au Népal, dans l’Ouest, en 1990.

Mais je me rappelle l’impression : une sorte de vertige, un gros trou de mémoire : combien de cols déjà, depuis Srinagar ? Combien encore ? C’est loin ?

Une tempête d’un an aux vagues de pierre figée, que nous arpentions depuis deux bons cents jours au moins.
Tu grimpes, tu ne vois que tes pointes de chaussures, tu n’entends que ton souffle dans un coton martelé par la cadence de tes pieds dont le son parvient au dedans de l’os crânien, amorti comme sur caoutchouc. Et puis là tu arrive au vieux montjoie, en haut du col. Les démons sont restés derrière tout penauds ; tu poses ton caillou, coince ton rameau d’if ou de rhododendron, pousse ton cri, pose tes fesses sur un rocher, fume ta clope, regarde enfin en face, au loin ce qui t’attend.

Et puis tu redescends.
Et en bas il fait chaud ; il y a de l’alcool, des filles, des gars, et des petits enfants. Et la mémé fripée qui prépare le poulet dont tu rêvais depuis quarante nuit.
Quarante jours.

Ce billet est dédié à Albert Cossery, dont Elise vient de m’apprendre la mort.

 

 

Albert Cossery - 1913 - 2008 - © Le Net

 

  1. Notre seconde maison dans les grands bois : j’en reparlerai… []
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