Carrons-nous l’oignon !

© Annie Luraghi 2008

 

Béats, béants, bayant dans le bouillon,
la tête au seau, le col au chaud,
soyons benaises ;
la mayonnaise
attend nos abatis.

 

***

Dans le pays d’en-France, les autruches se sont très vite adaptées : faute de sable, un gros pot d’eau fait leur affaire.
Le sain et vivifiant climat de nos vertes contrées les a faits se rapetisser, peaufiner leur technique d’enfouissement cervelesque et d’anéantissement sensoriel : outre le rajout du plumage, le vidage devint vite une tradition obligée, suivi de la décollation, puis de la noyade, de l’ébullition, tout ça avec les cuisses écartées, offertes aux dents acérées et au chibre pénétrant du prédateur.

Plus soumis que ça, t’es même plus mort ; y a pas de mot pour qualifier.

Les autruches naines occidentales[1] croient cependant dur comme fer être les maîtres du très vaste univers, et qu’elles possèdent leur prédateur en imprégnant ses chairs des leurs et de leur petite âme. Elle croient ensuite renaître et s’échapper en étant chiées ; car tel est leur étrange credo de sectatrices du Grand Caquet.

N’ayant plus aucun bec à garnir, c’est au croupion qu’on lui carre l’oignon, ce qui la comble d’aise.

***

Dans la série la vie des bêtes, les virus sont assez épatants. Mais bon, à la guerre comme à la guerre : j’avais pas de photo de virus, alors j’ai pris une poule.

On fait c’qu’on peut avec c’qu’on a, d’abord…

CARRONS TOUS LES OIGNONS !

Cyp
Kondukator d’ici-blog

 

  1. Gallus gallica var. succulenculus. []
Cet article a été publié dans Déconnologie, Édits Vespéraux, Pilotique, Spectacle avec les mots-clefs : , , , , , . Bookmarker le permalien. Les trackbacks sont fermés, mais vous pouvez laisser un commentaire.
  • Il faut être inscrit et connecté pour accéder au système de commentaires et aux parties privées de l'Icyp.

Aller à la barre d’outils