Archives par mois : décembre 2006

PUDDING CONG !

Scan © Cyprien Luraghi 2006Putaing cong… comme on dit par chez nous.

Le Sud-Ouesteucong est aimé des Britons, c’est chose acquise et sue, exquise aussi parfois…

Tamsin est une heureuse hybride, et débridée, qui nous narra ce contelet, très véridique… C’est des Anglais d’Anfouars-Crassac qui ont offert, l’an dernier, un Christmas pudding au père Pagès, leur papy de voisin… La première fois, ça surprend… T’as les britishers du coin, que tu connais à peine, qui viennent quelques jours avant Noël, et qui t’offrent un panier garni avec des clémentines, des chocolats… et un machin non identifié planqué au fond, qui sent bon le pain d’épice à la gnôle, tout mou et grumeleux, dans un petit saladier. C’est le pudding. Qui nous laisse perplexes, nous autres. Surtout qu’on ne te donne pas le mode d’emploi.

L’an dernier, Ann, une adorable dame vivant à Montéton, que j’avais défendue face aux ogresses de Wanadoo qui lui faisaient raquer au prix fort une connexion fantôme, nous avait porté notre premier saladier… On avait goûté la ragoûtante ragougnasse du bout d’une cuillerette, mais bon, on avait beau savoir que la cuisine, c’est pas leur tasse de thé, ça nous paraissait bien rudasse, comme entremet.

Finalement, le lendemain, par la grâce d’une grognasse croûte qui menaça notre Ann d’une interruption de ligne si elle ne s’acquittait point de la modeste somme de 617 € 57, j’eus droit à la lady en pleurs au combiné… Je la rassurai : j’appellerai la direction des télécoms, à Toulouse, réglant ainsi l’affaire…

−Et le pudding, il était bon ?
− …Euh… ben yes, quoi…
− Vous l’avez laissé cuire combien de temps ?
− Ah ! Parce qu’il fallait le faire cuire ?
− Trois heures au bain-marie le premier jour, et six le lendemain.
− Ah bon…

C’est vrai que cuit, c’est bien meilleur. Même si c’est laid. Mais Tamsin nous a dit qu’en fait, le grand truc, c’est de le napper d’une sauce qu’on confectionne ainsi : Tu prend une plaque de beurre un chouïa ramolli, que tu bats vigoureusement avec autant de sucre, jusqu’à ce que le tout soit blanc et lisse. Là, tu montes le tout comme une mayonnaise, mais tu remplaces l’huile par du brandy − ou cognac, ou Cointreau. Su tu te démerdes bien, tu peux y faire passer toute une bouteille. Quand c’est prêt, tu en nappes le pudding, et tu sers après avoir flambé le tout. Après, c’est toi qu’es tout flambé. Et plombé de la tripe.

Mais revenons au père Pagès. Sa lady avait le goût de la déco ; du panier dépassait une branche de houx… Le pépé souleva la verdure, y vit le saladier, le huma… et en déduit que le brouet du dessous devait être l’engrais. Il planta donc le pudding et son houx dans un grand trou d’un fer de bêche carré en son jardin, et l’arrosa, confiant.  

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IN GODE WE TREUSTE

Scan © Cyprien Luraghi 2006

Y a des paillettes chez les païens

pour qui tout est objet
de paillardise…

Ainsi cet olisbos fondant en bouche
satisfera le tiroir-caisse des confiseurs
qui sont en trêve, à défaut d’être en rêve…

Mangez-moi, mangez-moi, qu’ils chantaient !

Et, pour ceux qui ne le croyaient pas, me voilà tout enguirlandé !


© Cyprien Luraghi 1997


Dernière minute : Philippe de Jonckeere est passé aux actes.

Pour ceux qui ont l’ADSL, cliquez ici.

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France 2006

Scan direct © Cyprien Luraghi 2006

 

Le manche, les plumes et la poussière…
La France de 2006 s’emplume le croupion
Et s’implante le manche, jusqu’à la garde.

Bleu-horizon dans son costard-poussière,
Empalée jusqu’à l’os et mourant de sclérose,
Elle vit au dix-neuvième en plein vingt-et-unième,
Cultivant l’empapaoute et la déroute,
La déprime d’une nation qui n’est plus ;
Du chef d’état voleur au cadditoyen gras,
Ça se pousse de la croupe à la caisse.

Non, c’est vrai quoi… Z’appelez ça une civilisation ?
Sérieux ?
Ce tas de bo…vidés ?
Ces gallines trop molles ?

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Plus jamais ça !

© Paul Grély 1959 - Fonds Alain Auzanneau

Abolissons Noël !

Faut voir comment ça clignote, à Puycity et dans la basse-vallée…
Depuis deux ans, c’est l’invasion des Pères Noël grimpeurs ;
A l’assaut des façades, posés à la va-vite et au péril de l’apposeur,
Ils nous sautent aux yeux quand le soir, au volant de la 305,
Nous sillonnons les routelettes, le coffre plein d’ordinateurs, Annie et moi.

Palpitant sous les strobo-guirlandes EDF-Taïwan,
Ils me les gonflent et suscitent en moi
Les pires des désirs…

Ah ! les voir s’éclater enfin sous la mitraille !
Éclaboussé de chevrotines ricochées…
Heureux !

Cette année est celle de l’apparition des Père-Noëls gonflables et éclairés de l’intérieur.
Cent quarante-neuf euros. Y en a partout.

Une épine suffit, dans une sarbacane…

Le Père Noël fait peur aux enfançons.
Il faut l’éradiquer de son non-être.

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Le Père Noël craint de la couenne

© Paul Grély 1959 - Fonds Alain Auzanneau

Fait chier : c’est Noël.
J’aime pas cette fête à la con ;
d’ailleurs, c’est la fête aux gros cons.

Ça se bouscule chez Leclerc,
Ça s’invective entre commères
Au rayon des joujoux qui brillent.

J’te foutrais une bombe dans tout ça, moi !

Une bombinette en chocolat
au pays du cocacola… 

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